| |

SEANCES
Mardi 29 avril à 20h30
Dimanche 4 mai à 19h
|
MONIKA
(SOMMAREN MED MONIKA)
de Ingmar
Bergman
Suède,
1952, 1h27, VOSTF
Avec Lars Ekborg, John Harryson, Harriet
Andersson, Georg Skarstedt
Monika rêve de quitter ses parents alcooliques.
Elle rencontre Harry, un employé, et tous deux partent s'installer
sur l'île d'Orno. L'argent manque, et ils tentent un cambriolage. L'affaire
tourne mal. De retour à Stockholm, Monika enceinte épouse Harry. Mais,
irresponsable et avide de liberté, elle repart et le laisse seul avec
l'enfant.
« Un film d'Ingmar Bergman, c'est, si l'on
veut, un vingt-quatrième de seconde qui se métamorphose et s'étire
pendant une heure et demie. C'est le monde entre deux battements de
paupières, la tristesse entre deux battements de coeur, la joie de
vivre entre deux battements de mains. »
Jean-Luc Godard, Arts n°680, le 30 juillet 1958.
« Il
faut avoir vu "Monika" rien que pour ces extraordinaires
minutes où Harriett Andersson, avant de recoucher avec un type qu'elle
avait plaqué, regarde fixement la caméra, ses yeux rieurs embués
de désarroi, prenant le spectateur à témoin du mépris qu'elle a d'elle-même
d'opter involontairement pour l'enfer contre le ciel. C'est le plan
le plus triste de l'histoire du cinéma. »
Jean-Luc Godard, Arts n°680, le 30 juillet 1958.
« L'île
est une bonne métaphore générale de ce monde à part que constitue
la micro-société d'un tournage. Quand elle devient de surcroît le
site réel où se tourne le film, le sentiment d'autarcie et d'impunité
imaginaire de la vie dans ce petit monde est comme corroboré par
la réalité du lieu. Bergman en était tout à fait conscient pendant
qu'il vivait sa flambée amoureuse avec Harriet Anderson : ni lui,
marié, ni elle, engagée avec un autre homme, n'auraient cédé à cette
pulsion réciproque s'ils n'avaient eu le sentiment, très vif, que
ce tournage insulaire leur offrait une parenthèse dans leur vie normale.
Ce n'est pas autre chose que raconte le film : un couple qui vit
un moment de grâce amoureuse loin du social, mais qui sent sourdement
que l'été prendra fin et que l'utopie à laquelle ils ont voulu croire
avec la foi du charbonnier va se fracasser contre le mur de la réalité
au retour à la ville. »
Alain Bergala, Un film insulaire, pp. 16-18
« Ici
et pour la première fois dans l’histoire du cinéma s’établit soudain
un contact direct et impudique avec le spectateur. »
Ingmar
Bergman, Images, Gallimard, 1992.
« ”Un été avec
Monika” marque un tournant dans l’histoire du cinéma. Un sommet de
légèreté et une révélation, celle d’un langage cinématographique
assoiffé d’éblouissements, ivre de liberté narrative et formelle.
À l’apogée de sa carrière de metteur en scène de théâtre, Bergman
profite des brefs étés suédois pour fixer au grand air la magie de
l’instant. »
Luc Arbona, « Un été avec Monika », Les Inrockuptibles
n°551, le 8 octobre, 2003, p.5
|
 |