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SEANCES
Vendredi 16 mai à 22h
Samedi 17 mai à 19h45
Dimanche 18 mai à 16h30
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MES
PETITES AMOUREUSES
de Jean
Eustache
France, 1974, 2h03
Avec Martin Loeb, Ingrid Caven, Jacqueline
Dufranne
Daniel vit entre sa grand-mère et sa bande de copains dans
un petit village du midi. Alors qu'il doit entrer au collège, sa mère
le rappelle auprès d'elle et Daniel part s'installer à Narbonne où
il connaît ses premiers émois amoureux. Le passage de l’enfance à l’adolescence
d’un garçon taciturne et pauvre, contraint de renoncer au collège pour
travailler et taraudé par son désir d’approcher les filles.
Dans une entreprise qui rappelle celle de Flaubert, comme Truffaut
avec Antoine Doinel, Eustache poursuit ici le tableau de son Education
sentimentale.
«Ce film-là, c'est le passage d'un enfant de la vie normale à
la marginalité, alors que tous mes autres
films se situaient dès le début, dans la marginalité.»
Jean Eustache, L'Humanité, janvier 1975
« On me demande
souvent pourquoi j’ai voulu faire ce film là. En dehors des petites
réponses anecdotiques qui n’ont pas grande importance, je me suis aperçu
que la seule raison que je pouvais donner, c’est par nécessité. Les
films que j’ai faits, j’ai senti un besoin impérieux de les faire,
et à n’importe quel prix puisque bien souvent j’ai sacrifié la qualité
pour les faire quand même. »
Jean Eustache, propos recueilli par Serge Toubiana, Cahiers du
cinéma n°284, janvier 1978.
« Mes petites amoureuses est
le seul film que j’ai fait dans les conditions habituelles du cinéma
et c’est le seul de tous mes films courts, moyens ou longs, qui a été
un véritable échec financier.
Je me suis aperçu quand tournant dans des conditions traditionnelles,
économiquement, je me cassais la gueule. Je ne peux pas en tenir
compte. L’écriture d’un long-métrage demande huit à douze mois de
travail, puis il y a la préparation, le tournage, le montage, la
sortie, la promotion du film. Ça prend deux ans. Le salaire moyen,
quand on est pas un réalisateur vedette, ne permet pas de vivre trois
ans. Pour un type qui mûrit un film, qui l’écrit, qui est là depuis
avant le début et jusqu’après la fin, le salaire normal est voisin
du SMIC. »
Jean Eustache, propos recueilli par Serge Toubiana, Cahiers du
cinéma n°284, janvier 1978.
« Mes petites amoureuses est
un film dont on sort malheureux. C’est un plaisir doux-amer que le
public goûte peu – celui d’aujourd’hui encore moins que celui de l’époque
(1974) où ce film, tourné par Jean Eustache dans un relatif confort
de production, connut un insuccès décevant malgré un sujet réputé « payant »,
avec lequel d’autres cinéastes (Truffaut, Pialat) avaient rencontré
au moins la notoriété. Il y a une vraie raison à cela, qui fait que
ce film est un grand film unique sur l’adolescence, ou sur l’état amoureux,
retrouve (ou fantasme : le plaisir est le même) un état « d’heureux
inachèvement », pour parler comme Pontalis, qui lui permet de
s’évader, le temps de la projection, de sa propre finitude. »
Alain Bergala, « Enfance d’un cinéaste », Cahiers du
cinéma « Spécial Jean Eustache » supplément au n°523,
avril 1998, p. 12.
« Mes petites amoureuses semble avoir été tourné contre
La Maman et la putain : il en est tout l’opposé. Ici, nulle
logorrhée purgative, le film est fait de silences. »
Jean-Baptiste
Morain, « Rétrospective Jean Eustache », Les
Inrockuptibles n°168, le 1er avril 1998, p. 48.
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