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SEANCES
Mardi 13 mai à 21h
Dimanche 18 mai à 19h
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LA
RUE DE LA HONTE
(AKASEN CHITAI)
de Kenji
Mizoguchi
Japon, 1956, 1h25,VOSTF
Avec Machiko Kyo, Ayako Wakao, Michiyo Kogure, Aiko Mimasu, Kenji Sugawara
La vie de cinq femmes dans une maison close alors que le parlement
nippon etudie un projet de loi sur la fermeture de ses maisons. Dernier
film de Mizoguchi, qui devait mourir quelques semaines après le tournage,
et qui revenait ici à son style réaliste et social qui l’avait rendu
célèbre au début de sa carrière.
« Dans son dernier
film, chronique d'un bordel menacé de fermeture, Mizoguchi se surpasse
pour dépeindre la brutalité des rapports sociaux avec une crudité inouïe. Le
déchirant lyrisme des films à costumes laisse place à une violence
sèche qui coupe le souffle. »
Serge Chauvin, « La rue de la honte (film à la télé) », Les
Inrockuptibles n° 212, le 10 mars 1999, p. 41.
«La beauté même
se révèle comme un pion dans les rapports de force :
il n’y a rien d’exaltant dans les plans merveilleux d’habillage
d’une geisha (Musiciens de Gion) ou de maquillage devant une glace
(Les sœurs de Gion, La rue de la honte), car la création de la beauté
est un travail au service d’un objectif.
La dernière image de Mizoguchi (La rue de la honte) est celle
d’une toute jeune prostituée faisant signe aux clients. ”Et les unes
restent dans l’ombre, les autres vont au grand jour. On voit ceux-là
mais les autres, ceux de l’ombre, on ne les voit pas”, concluait
l’Opéra de quat’sous. Kenji Mizoguchi est né en 1898 et mort en 1956,
à quelques semaines de Bertol Brecht, avec qui il avait tant en commun. »
Bernard
Eisenschitz, « Dans la noirceur de Kenji Mizoguchi », Le
Monde, le 11 juin 1998.
« Dans ses films, Mizoguchi sublime
ses femmes, qu’il dépeint comme des victimes, bien sûr toujours luttant
pour préserver leur dignité, parfois jusque dans la mort. Humiliées
par les hommes, écrasées par les conventions sociales, elles semblent
appliquer le précepte que le père de Sansho transmet à son fils :
”Sois dur avec toi-même, généreux avec les autres.”
(…)L’aliénation des femmes : Mizoguchi restera fidèle à
ce thème jusqu’à son dernier film, La rue de la honte, qui décrit,
d’une manière cruellement réaliste le quartier des plaisirs de Tokyo :
les femmes y sont des marchandises, ni plus ni moins. »
Philippe
Piazzo, « Le maître et ses égéries », Télérama n°
2426, le 10 juillet 1996.
«Quand Mizoguchi disait qu’avec La Rue
de la honte il commençait à comprendre ce qu’on pouvait obtenir du
cinématographe, c’est bien dans ce sens-là qu’il faut comprendre son
travail : en aucun cas gommer le mélodrame, mais, au contraire, l’accentuer
pour en faire surgir la vérité. Il se sert de l’émotion pour dévoiler
le réel.»
Jean Douchet, www.institut-lumiere.org
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