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SEANCES
Samedi 31 mai à 17h30
Mardi 3 juin à 19h
Dimanche 8 juin à 16h30
FILM PRÉCÉDÉ DE
LES PHOTOS D'ALIX
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UNE
SALE HISTOIRE
de Jean
Eustache
France, 1977, 50 min
Volet ”fiction” avec Avec Michael Lonsdale, jean Douchet,
Douchka
Volet ”document” avec Jean-Noël Picq, Françoise Lebrun
Dans
un salon, un homme (Michaël Lonsdale) raconte longuement à des femmes
compatissantes comment il devint voyeur dans les toilettes d’un café ;
un deuxième homme (Jean-Noël Picq) raconte à son tour la même chose.
L'habitué d'un café s'aperçoit que les clients descendent souvent dans
les toilettes féminines où un trou aménagé dans la porte favorise les
regards indiscrets. Les hommes peuvent observer à loisir des sexes
féminins. Il se prend lui aussi a ce jeu qui devient bientôt une obsession.
« C’est
un film en deux volets. Jean Eustache a d ‘abord
tourné le témoignage de l’homme auquel l’histoire est arrivée, dans
les conditions du direct, en 16 mm, avec une image granuleuse. Puis
il a retranscrit le dialogue et fait rejouer la scène par un comédien
qu’il filme en 35 mm, avec soin. Mais il a inversé l’ordre de la
projection.(…) ”Une sale histoire” est d’abord une réflexion sur
le cinéma, la façon d’appréhender une réalité et sa représentation. »
Jean-Luc
Douin, « Une sale histoire », Télérama n°
2356, le 8 mars 1995.
« Eustache se marginalise avec ”Une sale
histoire”. (…)
Le film, bégayé, magnifique, dément est accueilli avec consternation.
Il ouvre en fait sur un au-delà du cinéma qui ne sera guère fréquenté
que par Marguerite Duras. »
Philippe Azoury, « Jean Eustache, Une balle à la place du cœur », Les
Inrockuptibles n°576, le 12 décembre 2006, p. 31.
« Cette
sale histoire que je voulais la faire depuis des années et je cherchais
des biais pour la faire. D'abord, je pensais la mettre dans un long-métrage,
en faire une digression. (...)Ensuite, j'ai pensé : "Ce qui est
intéressant dans cette histoire, c'est la réflexion, donc je ne vais
l'illustrer qu'à moitié, l'illustration sera portée par le récit, on
verra tantôt l'action, tantôt le récitant." J'ai
pensé que ce n'était pas bien non plus et, en dernier lieu, j'ai
trouvé que la seule façon de faire ce film c'était le récit, filmer
le type qui raconte l'histoire. C'est le film impossible à faire,
je le déclare impossible. J'essaie de l'écrire, et je ne le peux
pas, donc je la fais raconter. J'ai inclus ma préoccupation et ma
recherche dans le film. »
Jean Eustache, Entretien avec
Serge Toubiana, Cahiers du cinéma n°
284, janvier 1978.
« Si la Maman et la Putain est le sommet
romanesque de l’œuvre d’Eustache, Une sale histoire est son abîme.
il y est question d’une histoire, aussi sale que banale. (…)En plaçant
la reproduction avant l’original, Eustache organise une remontée vers
les origines, une scénographie du dévoilement jusqu’au trou originel
de la fiction. C’est la représentation qui se donne à voir par son
sexe et le fantasme du spectateur (de voir cette origine-là, ce qui
en amont de toute fiction, le réel à poil) qui est dénudé. Cette hypothèse
d’homologie entre l’art et la pornographie, sur laquelle a tant travaillé
le cinéma moderne dans son désir de transpercer les dessous de la représentation,
Une sale histoire le mène à son terme. »
Jean-Marc Lalanne,
« Le réel à poil », Cahiers du cinéma « Spécial
Jean Eustache » supplément au n°523, avril 1998, p.15.
« On
l’aura compris, jamais film aussi modeste dans son budget et si fondamentalement
blasphématoire dans son amoralisme apparent n’a soulevé autant de questions
essentielles. Pourtant, Eustache, aussi marginal que non universitaire,
n’avait rien d’un théoricien. (…)Mais, à la fréquentation des maîtres,
de Dreyer pour la rigueur à Renoir pour le naturel, de Guitry pour
la magie du mot à Bresson pour l’exacerbation contenue des sens, il
avait développé ce type de connaissance sensible qui est le propre
de l’artiste. Pour Eustache, le voyeurisme était d’abord oral, là est
la clé de son œuvre… »
Jean Roy, « La jouissance du verbe », l’Humanité,
le 1er avril 1998.
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