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J’ai eu pour la première fois devant ces neuf heures de
projection (qui se regardent sans la moindre impatience, qui se dégustent
au contraire comme si l’on assistait en direct à l’invention
du cinéma par un nouveau Griffith) le sentiment bouleversant
que ce film ouvrait de façon radicale une nouvelle ère
du cinéma… Ce cinéaste reprend humblement le cinéma
à zéro, avant sa distinction fiction/documentaire, en
solitaire pendant de longs mois, à l’aise comme un poisson
dans l’eau avec sa petite caméra, dans cette région
sinistrée d’une Chine, la sienne, dont nous n’avions
même pas idée ni vraiment d’images. Il en est à
la fois le visionnaire hugolien, le romancier (dans le genre grand roman
russe), le grand reporter et le scénariste improvisateur. »
Alain BERGALA |
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A l’ouest des rails est une pièce maîtresse dans
le dossier toujours ouvert du réalisme. A Wang Bing, un ouvrier
puis un autre disent à peu près : filme avant que tout
ça disparaisse, fais-le pour la postérité. Recueillir
les traces d’un monde qui s’en va a toujours une des vocations
du documentaire permettant l’approche du réalisme non pas
seulement comme enregistrement : comme enregistrement d’une perte.
»
Emmanuel BURDEAU |
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