Archives 2001-2011

DÉTECTIVE BUREAU 2-3 (TANTEI JIMUSHO 2-3)


de Seijun Suzuki



PROGRAMMATION JUIN-JUILLET 2007

Japon, 1963, 1h29, VOSTF
Avec Jo Shishido, Nobuo Kaneko, Tamio kawaji, Reiko Sasamori

Tokyo, années 60 : un détective sauve la vie d'un criminel sortant de prison. Pour le remercier, le malfrat introduit son sauveur dans son gang de trafiquants d'armes. Bientôt, le détective profite de la situation pour essayer de démanteler cette mafia. Un petit chef-d'œuvre de glamour pop qui a définitivement rangé le cinéaste parmi les artistes cultes.

« Ayant choqué ses commanditaires des studios déclinants de la Nikkatsu avec son précédent métrage Le vagabond de Kanto, ordre est donné à Suzuki d'adapter un roman noir de l'écrivain Haruhiko Oyabu. Mettant en scène le sérieux détective Tajima dans une affaire de recel d'armes très classique, les producteurs pensent ainsi limiter les extravagances de leur réalisateur. C'était sans compter sur la folie créatrice de Suzuki, qui en profite pour détourner aussi bien son matérieau de base que les codes inhérents au genre. (…) Tous les codes inhérents au genre sont ainsi désamorcés : les policiers sont incapables de gérer une enquête, le personnage principal est un joyeux luron, les méchants passent leur temps à occuper le commissariat local ou à se canarder à l'aveuglette dans de sombres entrepôts. (…) Si le Japon est aujourd'hui connu pour ses multiples délires tant scénaristiques que visuels, l'audace de Suzuki fait office d'une bombe dans un cinéma à l'époque rigide et factuel. (…) Énorme plaisanterie, où Suzuki n'hésite pas à combler les vides scénaristiques par des scènes musicales endiablées durant lesquelles Joe Shishido ira même jusqu'à entonner la chansonnette. Trame ultra-classique, dont Suzuki n'en a d'ailleurs que très peu cure, préférant davantage exploiter la forme en se jouant des couleurs tant au niveau du décor, que dans sa lumière. Les lieux sont donc kitsch à souhait et l'appartement d'un truand plongé dans une série de couleurs bien trop belles pour être réalistes. Dans sa folie, seul le traitement de l'image est épargné dans cet opus ; mis en scène de manière classique, Suzuki ne pousse pas encore ses expérimentations visuelles au niveau de ses futurs Vagabond de Tokyo ou encore La Marque du Tueur. (…) Il réalise pourtant un curieux divertissement expérimental, considéré aujourd'hui à juste titre comme l'une de ses œuvres les plus importantes et qui influencera nombre de réalisateurs par la suite. Belle preuve, qu'un esprit artistique peut aller de pair avec cinéma populaire. »
Bastian Meiresonne

SEANCES

mercredi 30 mai à 15h
samedi 2 juin à 16h
dimanche 3 juin à 15h