CYCLES ET RÉTROSPECTIVES

De Pauline à Émilie


Sixième épisode



WEEK END OUT 1 • FÉVRIER 2016

de Jacques Rivette
France, 1971, 1h41
avec Jean-Pierre Léaud, Michael Lonsdale, Bernadette Lafont, Éric Rohmer, Bulle Ogier, Barbet Schroeder, Juliet Berto, Françoise Fabian, Jean-François Stévenin
NUM • VERSION RESTAURÉE

Dans la boutique de Pauline, Colin, toujours peiné d’être délaissé, voit arriver Sarah qui l’intrigue. Il décide de la suivre. Celle-ci le mène à la salle de répétition de Thomas. Colin, reprenant son vieux truc, se présente à Thomas en tant que journaliste, lui parle de l’Histoire des Treize et lui demande quel est le rapport entre Prométhée et l’Histoire des Treize. Thomas élude la question. En fait, Thomas est inquiet (notamment vis-à-vis de Sarah), et, travaillé par la question, il prend rendez-vous à ce sujet avec Étienne. Ils ont tous deux une longue conversation. Au cours de celle-ci, nous apprenons que le groupe, effectivement, existe. Ou plutôt qu’il a existé, deux ans auparavant, sur l’instigation principalement de Pierre et qu’il fut, bien entendu, organisé sur le principe balzacien de l’Histoire des Treize. Si maintenant nous récapitulons les membres du groupe dont nous avons fait (ou eu) connaissance, nous avons : Pierre (architecte), Étienne (homme d’affaires), Lucie (avocate), Thomas et Lili (directeurs de troupe), Sarah (écrivain), Igor (journaliste et militant), et Warok (philosophe), que nous avons déjà aperçu précédemment et que nous reverrons plus longuement tout à l’heure. Depuis, le temps passant et les idées changeant, le groupe a plus ou moins éclaté. Certains sont devenus sceptiques, comme Étienne et Warok, d’autres, comme Lili, ne s’y sont, en fait, jamais intéressés. Pendant ce temps, la troupe de Lili continue sans grand succès à rechercher les traces de Renaud. Vite lassée puis découragée, Lili se désintéresse très vite de la question et, dans le doute où elle se trouve, prend le parti de se réfugier à l’Obade. Thomas, lui, un peu dépassé par ses problèmes professionnels, les délaisse un temps pour tenter une opération amoureuse qui mettrait fin à ses hésitations entre Sarah et Béatrice : il essaie de les réunir dans son lit. C’est l’échec. Sarah, n’ayant plus de raison de rester à Paris, repart dans son chalet où, comme nous l’avons vu, Lili s’apprête à débarquer. Entre-temps, Colin a été mis à la porte de la boutique de Pauline. Désespéré, il reprend le cryptogramme dans l’espoir que celui-ci le conduira vers une autre piste. Intrigué par les références évidentes du texte au poème de Lewis Carroll « La Chasse au Snark », il découvre (après avoir tenté un système de lecture analogue au précédent qui consiste à prendre les finales des mots, soit dans l’ordre pair, soit dans l’ordre impair), qu’il suffit de se référer au terme anglais « crew » (traduisant « équipage »), pour obtenir, si l’on prend la dernière lettre de chaque ligne en commençant par le bas et en sautant une ligne à chaque fois, un nom qui lui semble familier : celui de Warok. Ici, nous retrouvons Frédérique qui, toujours habillée en garçon, rejoint dans un café son ami Honeymoon. Celui-ci, toujours amoureux du même garçon à qui il n’ose même pas adresser la parole, confie une fois de plus son chagrin à Frédérique. Or, le garçon en question est là, attablé comme chaque jour devant ses journaux (c’est un passionné de faits-divers), et Frédérique propose de prendre contact avec lui. Elle n’a évidemment jamais vu ce garçon, mais nous spectateurs, nous le reconnaissons : il s’agit de Renaud... Or donc, Frédérique engage la conversation avec lui et, puisqu’il est amateur de faits divers, Frédérique se déclare imbattable sur la question, puisqu’elle-même fait partie, prétend-t-elle, d’une bande. Elle propose même de mettre Renaud sur un coup.

dimanche 7/02 16:30