Mire et le Cinématographe, c'est une histoire qui dure depuis plus de vingt ans ! Liées par l'amour des formes cinématographiques aventureuses (toujours) et argentiques (souvent), les deux structures s'associent régulièrement pour faire découvrir des œuvres issues des pratiques dites expérimentales, en Super 8, 16 mm, 35 mm ou numérique.
Pour célébrer ces années de fructueuses collaborations, et avant d'écrire une nouvelle page de ce récit commun, nous avons souhaité revenir sur une période allant de 2003 à 2014, connue des habitué·es sous le nom des "Petits programmes". Des séances quasi mensuelles et thématiques, impulsées par Miles McKane, programmateur de longue date chez Mire, qui avaient pour particularité de mêler œuvres classiques et créations contemporaines de l'époque. - Association Mire
> rendez-vous dès 19:30 pour un apéritif
Petit programme
Collectif
Dans le sillage de ces séances, un nouveau programme fabriqué à six mains, anciennes et nouvelles générations de l'association confondues – alternance de coups d’œil dans le rétroviseur et vers de nouveaux horizons. Des films qui évoquent la mémoire des lieux, des présences fantomatiques qui les habitent et de l'importance qu'ils revêtent dans nos vies. Où il est aussi question de rites et de fêtes, moments charnières qui mettent en mouvement les corps et les esprits et nous aident à aller de l’avant.
Sutro – Jeanne Liotta – 2009 – 16mm>num – 3′ 29
Un portrait hypercinétique et nocturne de la tour de télévision Sutro, plus haut point dominant la ville de San Francisco et de son horizon fait de signaux électriques vibrants. Images d’un ville palpitante comme un battement de cœur et musique envoûtante et rythmée. Est-on face à un clip ? Au générique de début d’un film ? Toutes les pistes sont sont à envisager pour ce début de voyage dans l’image.
Little Night – Werner Nekes – 1979- 16mm – 14′ 00
Tapages nocturnes dans l’entre-deux-mondes.
Chassés croisés (version sombre) – Cécile Fontaine – 2014 – Vidéo – 2′ 49
Deux femmes se croisent et se recroisent. En petit, en grand, en positif, en négatif, en simple écran, en double et les figures deviennent des spectres, prises dans l’éternité d’une rencontre. Une rencontre temporelle et technologique, une gavotte enregistrée au XIXeme siècle sous forme de séquence chronophotographique interprétée et dé/re-construite avec les outils numériques du XXIeme siècle.
L.F.M.C demolition – Anna Thew – 2004 – 16mm – 10′ 00
En mémoire de l’ancien bâtiment ferroviaire désaffecté — ce « palais des délices » de Gloucester Avenue, à Camden — qui abrita la London Film-makers Cooperative et le London Musicians Collective pendant plus de quinze ans. Ainsi perdure l’esprit de l’underground. L’écran qui s’effrite, les portes démolies, le vieux café et les archives cinématographiques ne sont plus qu’un tas de gravats hanté par le mirage d’images vacillantes. Le tout est filmé sous forme de fragments rythmés en caméra portée, mêlant des surimpressions réalisées à la prise de vue d’œuvres qui y furent projetées. De Lumière à Dziga Vertov, Hans Richter, Stan Brakhage, Fernand Léger, Joseph Cornell, Maya Deren, Oskar Fischinger, Peter Kubelka, Jean Genet, Anna Thew, Friedrich Murnau, Jack Smith, Anne Rees-Mogg, jusqu’à Germaine Dulac et la Betty Boop de Fleischer, ces images résonnent au son d’une myriade de compositions des musiciens du LMC.
Anselmo – Chick Strand – 1967 – 16mm – 4′ 05
« J’ai demandé à un ami mexicain d’origine autochtone ce qui lui ferait le plus plaisir au monde. Il m’a répondu, « un tuba double en mi-bémol ». Je me suis dit que cela devrait être facile d’en trouver un chez Goodwill. Ce n’était pas le cas, mais un homme sympathique dans un magasin d’instruments de musique m’a trouvé un soubassophone, peu cher et néanmoins très beau. Je l’ai acheté, l’ai fait entrer au Mexique en contrebande et je l’ai donné à mon ami dans le désert. Le film est une interprétation poétique de cet événement. » — Chick Strand
Building and demolishing the star theatre American Mutoscope – American Mutoscope & Biograph Co & Frederick S. Armitage – 1901 – 35mm>num – 4′ 00
La suspension de l’incrédulité. Il s’agit d’un exemple précoce d’expérimentation des effets spéciaux et des possibilités offertes par la projection. Sorti en avril 1901, « Building Up and Demolishing the Star Theatre » est considéré comme le premier film destiné au public à utiliser la technique du time-lapse (film accéléré). Armitage a mis au point un minuteur électrique (un intervallomètre) permettant de prendre des vues image par image toutes les quatre minutes, à raison de huit heures par jour pendant environ un mois, tout en incluant de brèves séquences à vitesse normale au début et à la fin du film. La société Biograph conseillait aux exploitants de salles de projeter le film à l’envers, affirmant : « Lorsque cette vue est projetée en sens inverse, l’effet est tout à fait extraordinaire. »
The Snowman – Phil Solomon – 1995 – 16mm – 8′ 30
Pensé comme un kaddish (prière centrale de la liturgie juive) pour le père du cinéaste, The Snowman prend son nom du poème de Wallace Stevens à la gloire de l’« esprit d’hiver » et sa force de contemplation, de celle qui dissout l’être et son milieu dans une forme d’absolu. Ici, les souvenirs, les clichés familiaux, toutes ces images qui font une existence, se succèdent et se fondent en une tempête de grains d’argent. Un dernier souffle, froid et doux.
Terminal City – Chris Gallager – 1982- 16mm – 9′ 00
« Le Devonshire Hotel, situé au centre-ville de Vancouver, a été détruit par dynamitage : Gallagher a filmé l’événement à une cadence de 200 images par seconde et a manipulé le son enregistré pour qu’il soit restitué à la même vitesse que les images. La destruction « non naturelle » de la structure prend une tournure mystérieuse à mesure que les explosions s’accélèrent. La caméra ralentit les rythmes naturels de l’entropie ; une construction humaine implose pour se dissoudre dans un « paradis » immobile de fumée et de poussière : la ville se métamorphose en un paysage de nuages ; les acclamations et les sifflements — ces appels de l’esprit — annoncent le vide. » — Tony Rief
Black and White Trypps Number Three – Ben Russell – 2007 -16mm- 11′ 30
Un voyage hypnotique tout en clair obscur au pays du punk-noise. Pour ce troisième volet consacré aux phénomènes psychédéliques naturels, Ben Russell filme un concert du groupe américain Lightning Bolt, au plus près du public. La caméra plonge au milieu des corps fiévreux et emmêlés et nous happe pour quelques minutes de transe collective dont on ressort ému et exalté.
Pour célébrer ces années de fructueuses collaborations, et avant d'écrire une nouvelle page de ce récit commun, nous avons souhaité revenir sur une période allant de 2003 à 2014, connue des habitué·es sous le nom des "Petits programmes". Des séances quasi mensuelles et thématiques, impulsées par Miles McKane, programmateur de longue date chez Mire, qui avaient pour particularité de mêler œuvres classiques et créations contemporaines de l'époque. - Association Mire
> rendez-vous dès 19:30 pour un apéritif
Petit programme
Collectif
Dans le sillage de ces séances, un nouveau programme fabriqué à six mains, anciennes et nouvelles générations de l'association confondues – alternance de coups d’œil dans le rétroviseur et vers de nouveaux horizons. Des films qui évoquent la mémoire des lieux, des présences fantomatiques qui les habitent et de l'importance qu'ils revêtent dans nos vies. Où il est aussi question de rites et de fêtes, moments charnières qui mettent en mouvement les corps et les esprits et nous aident à aller de l’avant.
Sutro – Jeanne Liotta – 2009 – 16mm>num – 3′ 29
Un portrait hypercinétique et nocturne de la tour de télévision Sutro, plus haut point dominant la ville de San Francisco et de son horizon fait de signaux électriques vibrants. Images d’un ville palpitante comme un battement de cœur et musique envoûtante et rythmée. Est-on face à un clip ? Au générique de début d’un film ? Toutes les pistes sont sont à envisager pour ce début de voyage dans l’image.
Little Night – Werner Nekes – 1979- 16mm – 14′ 00
Tapages nocturnes dans l’entre-deux-mondes.
Chassés croisés (version sombre) – Cécile Fontaine – 2014 – Vidéo – 2′ 49
Deux femmes se croisent et se recroisent. En petit, en grand, en positif, en négatif, en simple écran, en double et les figures deviennent des spectres, prises dans l’éternité d’une rencontre. Une rencontre temporelle et technologique, une gavotte enregistrée au XIXeme siècle sous forme de séquence chronophotographique interprétée et dé/re-construite avec les outils numériques du XXIeme siècle.
L.F.M.C demolition – Anna Thew – 2004 – 16mm – 10′ 00
En mémoire de l’ancien bâtiment ferroviaire désaffecté — ce « palais des délices » de Gloucester Avenue, à Camden — qui abrita la London Film-makers Cooperative et le London Musicians Collective pendant plus de quinze ans. Ainsi perdure l’esprit de l’underground. L’écran qui s’effrite, les portes démolies, le vieux café et les archives cinématographiques ne sont plus qu’un tas de gravats hanté par le mirage d’images vacillantes. Le tout est filmé sous forme de fragments rythmés en caméra portée, mêlant des surimpressions réalisées à la prise de vue d’œuvres qui y furent projetées. De Lumière à Dziga Vertov, Hans Richter, Stan Brakhage, Fernand Léger, Joseph Cornell, Maya Deren, Oskar Fischinger, Peter Kubelka, Jean Genet, Anna Thew, Friedrich Murnau, Jack Smith, Anne Rees-Mogg, jusqu’à Germaine Dulac et la Betty Boop de Fleischer, ces images résonnent au son d’une myriade de compositions des musiciens du LMC.
Anselmo – Chick Strand – 1967 – 16mm – 4′ 05
« J’ai demandé à un ami mexicain d’origine autochtone ce qui lui ferait le plus plaisir au monde. Il m’a répondu, « un tuba double en mi-bémol ». Je me suis dit que cela devrait être facile d’en trouver un chez Goodwill. Ce n’était pas le cas, mais un homme sympathique dans un magasin d’instruments de musique m’a trouvé un soubassophone, peu cher et néanmoins très beau. Je l’ai acheté, l’ai fait entrer au Mexique en contrebande et je l’ai donné à mon ami dans le désert. Le film est une interprétation poétique de cet événement. » — Chick Strand
Building and demolishing the star theatre American Mutoscope – American Mutoscope & Biograph Co & Frederick S. Armitage – 1901 – 35mm>num – 4′ 00
La suspension de l’incrédulité. Il s’agit d’un exemple précoce d’expérimentation des effets spéciaux et des possibilités offertes par la projection. Sorti en avril 1901, « Building Up and Demolishing the Star Theatre » est considéré comme le premier film destiné au public à utiliser la technique du time-lapse (film accéléré). Armitage a mis au point un minuteur électrique (un intervallomètre) permettant de prendre des vues image par image toutes les quatre minutes, à raison de huit heures par jour pendant environ un mois, tout en incluant de brèves séquences à vitesse normale au début et à la fin du film. La société Biograph conseillait aux exploitants de salles de projeter le film à l’envers, affirmant : « Lorsque cette vue est projetée en sens inverse, l’effet est tout à fait extraordinaire. »
The Snowman – Phil Solomon – 1995 – 16mm – 8′ 30
Pensé comme un kaddish (prière centrale de la liturgie juive) pour le père du cinéaste, The Snowman prend son nom du poème de Wallace Stevens à la gloire de l’« esprit d’hiver » et sa force de contemplation, de celle qui dissout l’être et son milieu dans une forme d’absolu. Ici, les souvenirs, les clichés familiaux, toutes ces images qui font une existence, se succèdent et se fondent en une tempête de grains d’argent. Un dernier souffle, froid et doux.
Terminal City – Chris Gallager – 1982- 16mm – 9′ 00
« Le Devonshire Hotel, situé au centre-ville de Vancouver, a été détruit par dynamitage : Gallagher a filmé l’événement à une cadence de 200 images par seconde et a manipulé le son enregistré pour qu’il soit restitué à la même vitesse que les images. La destruction « non naturelle » de la structure prend une tournure mystérieuse à mesure que les explosions s’accélèrent. La caméra ralentit les rythmes naturels de l’entropie ; une construction humaine implose pour se dissoudre dans un « paradis » immobile de fumée et de poussière : la ville se métamorphose en un paysage de nuages ; les acclamations et les sifflements — ces appels de l’esprit — annoncent le vide. » — Tony Rief
Black and White Trypps Number Three – Ben Russell – 2007 -16mm- 11′ 30
Un voyage hypnotique tout en clair obscur au pays du punk-noise. Pour ce troisième volet consacré aux phénomènes psychédéliques naturels, Ben Russell filme un concert du groupe américain Lightning Bolt, au plus près du public. La caméra plonge au milieu des corps fiévreux et emmêlés et nous happe pour quelques minutes de transe collective dont on ressort ému et exalté.
Séance unique
- - dimanche 6/09 20:30
> en présence de Miles McKane - rendez-vous dès 19:30 pour un apéritif, séance présentée par des membres de Mire
> en présence de Miles McKane - rendez-vous dès 19:30 pour un apéritif, séance présentée par des membres de Mire