CYCLES ET RÉTROSPECTIVES

Herbes flottantes (Ukigusa)


de Yasujirō Ozu



CINÉMA D'HIER ET AUJOURD'HUI • JANVIER-FÉVRIER 2020

Japon, 1959, 1h59, VOSTF
avec Ganjirô Nakamura, Machiko Kyô
NUM, version restaurée

Une troupe de théâtre se rend dans une petite ville portuaire du Japon pour s’y produire. À cette occasion, le directeur de la troupe, Komajuro, souhaite y retrouver Oyoshi, une habitante avec laquelle il a eu un fils douze auparavant. Herbes flottantes est le cinquantième film d’Ozu, et l’un de ses derniers. Trouvant son titre dans la formule attribuée aux pièces de kabuki désuètes, il est aussi le remake d’un film qu’Ozu réalisa au milieu des années 1930, que cette version, dotée de la couleur, inscrit dans l’observation du quotidien et de ses subtiles variations, chère au cinéaste et modus operandi de sa mise en scène. Délaissant ponctuellement Tokyo et l’évocation des familles de classe moyenne, Ozu y aborde néanmoins les relations internes à ce microcosme théâtral avec une crudité plus grande qu’à l’accoutumée.

"En 1959, Yasujiro Ozu, déjà auteur d'une quarantaine de longs-métrages, ne peut pas résister à la proposition du tout-puissant Masaichi Nagata, directeur de la Daiei et plus célèbre producteur de l'histoire du cinéma japonais. La Daiei a un parcours prestigieux (deux récompenses à Venise, un Grand Prix à Cannes), les meilleurs techniciens du moment et quelques très grandes vedettes sous contrat exclusif. Comment dire non à Nagata ?
(...) Ce qui frappe le plus à la vision
d'Herbes flottantes, c'est que le film se passe beaucoup en extérieurs, chose plutôt rare dans les films d'Ozu des années 1950. Un peu comme si le grand cinéaste avait souhaité prendre des vacances de la Shochiku (son studio de toujours), en tournant au bord de la mer, avec des acteurs qu'il ne connaissait pas. La scène où Ganjiro Nakamura et Machiko Kyo se disputent, séparés par un rideau de pluie, reste un des moments forts de la filmographie du cinéaste, alors que le dispositif choisi par Ozu pour filmer cette conversation est inhabituel dans son cinéma."
Pascal-Alex Vincent

Séances • Février 2020

- - lundi 10/02 20:30 * - - mercredi 12/02 14:00 - - lundi 17/02 18:45 - - jeudi 20/02 18:00
- - dimanche 23/02 14:15

* Séance Vidéodrome, suivie d'une analyse filmique et d'un débat proposés par Antoine Bourg

Bande-annonce