CYCLES ET RÉTROSPECTIVES

La Grande Évasion (High Sierra)


de Raoul Walsh



RÉTROSPECTIVE RAOUL WALSH • AOÛT / SEPTEMBRE 2011

USA, 1941, 1h40, VOSTF
avec Humphrey Bogart, Ida Lupino, Alan Curtis, Arthur Kennedy, Joan Leslie

Roy Earle, gangster condamné à la détention perpétuelle, est gracié après huit ans de prison. Il part aussitôt pour la Californie retrouver d'anciennes connaissances afin de monter un nouveau coup... mais ce dernier va mal tourner. Film de gangsters sombre mais romantique, La Grande Évasion permet à Humphrey Bogart, qui tourne la même année Le Faucon Maltais, de s’imposer définitivement comme un acteur de tout premier plan.

« Le film La Grande Evasion (High Sierra) est un classique du film noir à ciel ouvert. L'histoire délaisse très tôt les décors urbains pour s'engouffrer dans l'Amérique rurale, jusqu'à sa conclusion sur les flancs rocheux du mont Whitney, le plus haut sommet des États-Unis. Le film illustre le thème de l'homme libre, irréductible à toute forme de soumission. Mais ce beau film de Raoul Walsh conte avant tout l'émouvante histoire d'amour entre deux êtres marqués par la vie. Bogart, dans son premier grand rôle, porte déjà son masque mortuaire, tandis qu'Ida Lupino est sublime, comme d'habitude. Walsh signera huit ans plus tard La Fille du désert (Colorado Teritory), nouvelle version en western de High Sierra, expression brute de son génie. »
Olivier Père, Les Inrockuptibles

« Dans les annés 30 le gangster était riche et puissant, à la tête d’un consortium du crime. Celui de High Sierra en est sans doute l’héritier, mais il a vieilli et perdu tous ses appuis. C’est un solitaire, et la mort l’attend au bout du voyage. W. R. Burnett, génial auteur du roman (et co-scénariste du film avec John Huston) lui donne une dimension tragique et en fait un héros proche de ceux de Walsh : un individualiste, qui oppose ses propres valeurs à la collectivité. Sa "grande évasion", comme l’explicite le titre français, ne peut s’accomplir que dans la mort. Ici, pas de ruelles lugubres, pas de paysages urbains étouffants, mais de vastes espaces, des cieux infinis constellés d’étoiles, une nature indomptable symbolisée par les sommets de la sierra où le héros trouvera enfin sa "liberté" (libre est le dernier mot du film). L’œuvre tient du western (et Walsh en fera un remake totalement western : Colorado Territory). Bogart, dans son premier rôle en vedette, apporte une dimension mythique à son personnage. Ida Lupino est sublime. Chef-d’œuvre. »
François Guérif

Séances

Mercredi 24 août 2011 à 21:00
Vendredi 26 août 2011 à 21:00
Dimanche 28 août 2011 à 21:00
Mercredi 31 août 2011 à 19:00