CYCLES ET RÉTROSPECTIVES

La Nuit des forains (Gycklarnas afton)


de Ingmar Bergman



CARTE BLANCHE CATHERINE CAVELIER • OCTOBRE 2014

Suède, 1953, 1h33, VOSTF
avec Ake Groönberg, Harriet Andersson, Hasse Ekman, Anders Ek, Gudrun Brost

Admirable description du monde des artistes ambulants. Ces acteurs, ces artistes, qui peuplent le monde de Bergman, sont à la fois les gens les plus durs et les plus sincères, et ce malgré les artifices qu’ils déploient. C’est d’eux que surgissent les vérités les plus crues, les plus violentes. C’est déjà le 13ème film de Bergman et pourtant il appartient encore à sa première période. Les jeunes cinéphiles de la fin des années 60 découvrent en même temps le réalisateur et tous ses/ces films, majeurs dans l’histoire du cinéma.



Séances

Samedi 25/10 21:00



--
La Nuit des forains appartient à la première période de l’œuvre de Bergman, période qui court jusqu’à la rupture que représentent Les Communiants et Le Silence. Des premières œuvres romantiques et sentimentales, qui n’ont pas la sécheresse et l’âpreté de réalisations futures. Bergman tourne beaucoup, La Nuit des forains est son treizième film en sept ans de carrière et il n’est alors âgé que de trente cinq ans. Dès ses premiers films sa maîtrise du cinéma sidère. Une maîtrise trop grande même, sa filmographie semblant déjà se fermer sur elle-même. Deux ans après La Nuit des forains, c’est le succès de Sourires d’une nuit d’été et en moins de dix ans de carrière, Bergman semble avoir déjà filmé l’œuvre d’une vie, être parvenu à la plénitude de son art. Les Fraises sauvages, Le Septième sceau, viennent le placer au panthéon des plus grands. Et pourtant, contre toute attente, sa grande œuvre est à peine entamée. Bergman va tout effacer et recommencer. La révolte, le refus de se répéter, le désir constant de se renouveler, d’explorer d’autres voies, la peur de "faire du Bergman".
Olivier Bitoun – extraits DVDClassik – juillet 2006