CYCLES ET RÉTROSPECTIVES

Le Conformiste (Il Conformista)


de Bernardo Bertolucci



CINÉMA D'HIER ET AUJOURD'HUI • DÉCEMBRE 2015-JANVIER 2016

Allemagne-Italie-France,1971, 1h51, VOSTF
avec Jean-Louis Trintignant, Dominique Sanda, Stefania Sandrelli
NUM • VERSION RESTAURÉE

Victime d’une agression sexuelle alors qu’il était enfant et tourmenté par la conviction d’avoir tué le violeur, Marcello Clerici adhère au parti fasciste italien par désir de rachat et de conformisme. En 1938, il est envoyé à Paris par les services secrets italiens pour assassiner son ancien professeur de philosophie, Luca Quadri, devenu l’un des principaux dirigeants antifascistes en exil. Cinquième long-métrage de Bernardo Bertolucci, adapté d’un roman d’Alberto Moravia, Le Conformiste décrit la trajectoire glaçante d’un homme que les traumatismes de l’enfance conduisent à l’errance politique et amoureuse, et dont la construction en flashback et les élans baroques disent toute l’inquiétude.


"Extraordinaire portrait d'un mouton enragé du fascisme », écrivait Télérama, en d'autres temps, pour saluer Le Conformiste de Bernardo Bertolucci et son interprète troublant, Jean-Louis Trintignant. Aujourd'hui que la montée de l'extrême droite et le retour des sales années 1930 nous obsèdent, la (re)découverte de ce chef-d’œuvre de 1970, longtemps oublié, presque perdu, est plus que bienvenue. Pour le récit des errances politico-sexuelles d'un héros, refoulant son passé pour s'abîmer dans une terrible conformité. Pour le casting qui fond le feu et la glace, Stefania Sandrelli et Dominique Sanda (et pas toujours comme on l'imaginerait). Et aussi parce que le film, adapté d'un roman d'Alberto Moravia, marque l'apogée d'une collaboration qui a soufflé des idées à une foule de cinéastes : celle du jeune Bernardo Bertolucci (il n'a pas trente ans) et du génial chef opérateur Vittorio Storaro. Le film, cousu de flash-back, promène les personnages dans une succession de décors aux contours fuyants, flux de souvenirs parfois mélancoliques, parfois effrayants, baignés d'une lumière métallique, d'une obscurité soyeuse ou d'un rouge de cendres. Passionné de peinture (et notamment du Caravage), étudiant en architecture, Storaro joue des ombres et des perspectives qui égarent ou écrasent le héros. L'expressionnisme allemand est son modèle, mais il le prolonge en jouant sur la dramaturgie des couleurs, en combinant lumières naturelles et artificielles. Sous ses atours de poème visuel n'hésitant jamais à verser dans le baroque et l'exagération, Le Conformiste reste attaché à la réalité dure, ambiguë, glaçante qu'il dépeint. Coppola et son Parrain, entre autres, lui doivent beaucoup." Laurent Rigoulet, Télérama

- - dimanche 20/12 20:45 - - mardi 22/12 18:15 - - dimanche 27/12 16:30
- - mercredi 30/12 20:30 - - samedi 2/01 18:30