CYCLES ET RÉTROSPECTIVES

Mille Soleils


de Mati Diop



CINÉMA D'HIER ET AUJOURD'HUI • AVRIL 2014

France, 2014, 45 min
avec Magaye Niang, Mareme Niang
NUM • SORTIE NATIONALE

En 1972, Djibril Diop Mambety tourne Touki Bouki. Dans ce dernier, Mory et Anta s’aiment. Les deux jeunes amants partagent le même rêve : quitter Dakar pour Paris. Au moment du départ, Anta embarque mais Mory, lui, reste seul sur les quais, incapable de quitter sa terre. Quarante ans plus tard, Mille Soleils enquête sur l’héritage personnel et universel que représente Touki Bouki. Que s’est-il passé depuis ? Magaye Niang, le héros du film, n’a jamais quitté Dakar. Et aujourd’hui, le vieux cowboy se demande où est passée Anta, son amour de jeunesse...


"Mille soleils de Mati Diop est une page d’histoire secrète, une page de feu, où l’histoire du cinéma et la vie des hommes se projettent vers nous, unies en un éclat aux multiples facettes. Touki Bouki, de Djibril Diop Mambéty, racontait en 1973 l’amour fou entre les jeunes Mory et Anta, se préparant à partir de Dakar pour la France, jusqu’au départ final d’Anta, seule. Mille soleils retrouve Mory de nos jours, à Dakar. Il a vieilli avec son acteur Magaye Niang, qui se prépare pour une projection en plein air du film quarante ans plus tard. La ville a changé, la vie avec, mais la fiction reprend ses droits, et le présent se met à s’halluciner lui-même. Le temps joue. Il joue comme les vagues que Diop Mambéty a caressées d’un regard bleu, et que Mati Diop, jeune cinéaste et nièce de ce dernier, refilme entre les têtes des spectateurs."
Luc Chessel, Les Inrockuptibles

"L’œuvre naissante de Mati Diop s’inscrit ainsi sur ce continent du cinéma contemporain peuplé notamment de films d’Apichatpong Weerasethakul ou de Miguel Gomes, où le vétuste partage de la fiction et du documentaire, vieille pierre de touche démonétisée, n’a plus cours. N’y importe plus guère que la définition inventée par chaque film, dans l’instant de sa fabrication, pour les modalités diverses de son appréhension du réel par l’imaginaire. Cela, dans une redistribution de ce qui relèverait du fantasme d’une pure captation et de ces mythes formés sous l’œil de la caméra pour combustion instantanée. Une nouvelle donne qui trouve dans Mille Soleils une parfaite formulation plastique, d’une touffeur rêveuse quasi hallucinatoire, dans la friction de la pellicule gorgée de soleil et des pixels vidéos dévorés par les halos colorés et les fluorescences délavées de la nuit dakaroise."
Julien Gester, Libération

Séances

Samedi 19 avril 15:15
Dimanche 20 avril 21:00
Vendredi 25 avril 18:30

> Mille Soleils est sorti conjointement par le Cinéma le Concorde (2 au 15 avril) et Le Cinématographe (19 au 25 avril).

> en complément, diffusion de Touki Bouki de Djibril Diop Mambety, lundi 28 avril à 21:00

Bande annonce