CYCLES ET RÉTROSPECTIVES

Qu'est-il arrivé à Baby Jane ? (What Ever Happened to Baby Jane ?)


de Robert Aldrich



PORTRAIT DE FEMMES • AVRIL 2012

USA, 1962, 2h15, VOSTF
avec Bette Davis, Joan Crawford, Victor Buono

"Je ne donnerai pas un centime pour l’une de ces vieilles biques", voici ce que répondit Jack Warner à Robert Aldrich quand celui-ci lui présenta son projet de film : mettre en scène une confrontation entre deux stars de l’âge d’or, Bette Davis l’insoumise, et Joan Crawford la terrible. Célèbres pour leurs caprices, les deux actrices en fin de carrière ont pourtant accepté de s’enlaidir physiquement et moralement pour ce thriller époustouflant. Avec Qu’est-il arrivé à Baby Jane ? Aldrich se livrait à une curieuse et passionnante réflexion sur un divertissement funèbre, et nous livrait son meilleur film." Ariane Beauvillard, www.critikat.com.


" Robert Aldrich réunit deux monstres sacrés dans un huis clos théâtral sur la jalousie entre deux sœurs. Un jubilatoire exercice pratique sur le camp. On demande souvent la définition du mot camp. Ce film est une bonne réponse. On pourrait le regarder comme Psychose d'Hitchcock, sorti deux ans plus tôt : on y découvre en effet peu à peu la folie furieuse de Jane Hudson (Bette Davis), ex-enfant star sous le nom de Baby Jane, éclipsée à l'âge adulte par sa sœur, Blanche (Joan Crawford), devenue star à Hollywood. Suite à un accident mystérieux, Blanche a les jambes paralysées. Jane peut donc en faire ce qu'elle veut... Dans ce contexte de vieille névrose recuite, les scènes de terreur s'accumulent. Mais avec une outrance tellement grand-guignolesque que le film échappe à tout réalisme, et s'avère furieusement camp. Exemples ? Bette Davis servant un gros rat à sa sœur dans un service en argent raffiné, avant de pousser des rires de hyène, c'est camp. Bette Davis grimée en vieille petite poupée qui refait ses numéros d'enfance, c'est camp. Les deux actrices qui se haïssaient cordialement sur le plateau sont pour beaucoup dans la réussite camp du film. Surtout Bette Davis qui ne recule devant aucune grimace, balançant des répliques assassines dans le droit fil de son personnage d'All About Eve de Mankiewicz. Aldrich lui a prouvé sa gratitude en lui offrant une sorte de suite deux ans plus tard avec Chut, chut, chère Charlotte.(...) "
Olivier Nicklaus, Les inrockuptibles

Séances

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