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VACANCES PROLONGÉES


de Johan van der Keuken



PROGRAMMATION JUIN-JUILLET 2009

Pays-Bas, 2000, 2h22, VOSTF

Le cinéaste Johan van der Keuken apprend en octobre 1997 que son cancer de la prostate se généralise et que son espoir de vie se limite à quelques années. Sur l’instigation de son épouse, il décide de consacrer ce temps précieux qui lui reste au plaisir du voyage et, bien sûr, à filmer ce périple. Car pour le cinéaste filmer c’est vivre. C’est ainsi que naît le projet de Vacances prolongées. Pourtant cette œuvre n’a pas la mélancolie d’un testament, au contraire elle est une véritable célébration de la vie, comme une deuxième naissance au monde.

« (…) Dans Vacances prolongées (2000), le commentaire en voix off évoque encore cette question, sans que l’on établisse immédiatement s’il se situe en phase ou en lutte contre ce genre: « dans les documentaires, on montre rarement les déplacements. Filmer le monde est inconcevable sans voler ou rouler sans cesse. C’est un passe-temps très polluant ». Son film étant constitué d’une grande quantité de déplacements, il s’inscrit dans un premier temps à l’encontre du travail de “documentariste” qu’il décrit. Mais en même temps il en parle, il y revient, comme pour mieux montrer qu’il n’y est pas indifférent. Cette réflexion est révélatrice de l’attitude de van der Keuken sur cette question, et qui consiste à s’arc-bouter sur une opposition à un genre pour que ses films puissent exister. En plagiant Guitry on pourrait donc écrire que van der Keuken est « contre le documentaire, tout contre » (…). »
Robin Dereux, ACRIF

« Absent du champ et bientôt absent du monde, le cinéaste continue obstinément à filmer, car ne plus faire des images équivaut à la mort. Mais les images elles-mêmes, à l’instar de son corps, se détériorent. Affaibli par son cancer, il est parfois obligé d’abandonner la caméra, trop lourde, pour adopter la vidéo numérique. La pellicule disparaît et laisse place au gros grain, aux couleurs sales de la vidéo. Et si, parfois, on reste extérieur aux images filmées par J. van der Keuken -souvent trop contemplatives-, ce combat entre vidéo et film se révèle particulièrement émouvant. Les images continuent d'être enregistrées, même si elles n’ont plus la même force, et le film se poursuit. Ce qu’elles transmettent est miné, limité. Corps du cinéaste et images ne font plus qu’un, unis en un terrible dépérissement, rongés par la maladie. »
Nathalie Piernaz, www.chronicart.com

SEANCES

Mercredi 10 juin à 20h30
Dimanche 14 juin à 20h30