Le Cinematographe
Le Cinématographe
Le Cinématographe, salle de cinéma à Nantes et Education à l'image

Archives 2001-2011

CLOVERFIELD


de Matt Reeves



PROGRAMMATION JUIN 2011

USA, 2008, 1h21, VOSTF
Avec Michael Stahl-David, Lizzy Caplan, Jessica Lucas

CLOVERFIELD
À New York, un groupe d’amis se retrouve chez l’un d’eux, Rob, pour fêter son départ au Japon. Parmi eux, Hub, vidéaste d'un soir, est chargé d'immortaliser l'événement. La soirée bat son plein lorsqu'une violente secousse ébranle soudain l'immeuble. Dans la rue, une foule inquiètante s'est rassemblée. Une ombre immense se profile dans le ciel, un grondement sourd se fait entendre... La caméra subjective donne à ce film cauchemardesque une efficacité pétrifiante. Cloverfield régènère les genres du film de monstre et du film catastrpohe.

« A sa sortie, une critique du site US Salon.com reprochait à Cloverfield de transformer le 11/09 en virée à la Foire du Trône. Ce qui revient à peu près à accuser les Godzilla nippons d’antan de dédramatiser Hiroshima avec un figurant habillé en monstre piétinant des maquettes. La grande force de Cloverfield : détruire New York dans un film de poche mais surtout construire des ponts entre la peur de la peur et le frisson cheap et payant de la montagne russe, entre le cinéma originel (ce phénomène de foire, avec wagons et rails cerclant l’imaginaire) et le cinéma original d’aujourd’hui, parasité par le jeu vidéo et Youtube. Le film-catastrophe en caméra subjective y a des airs de traversée ludique de niveaux hostiles et de reportage de guerre en friction avec l’immédiat. »
Léo Soesanto, Les Inrockuptibles

« Les années 80-90 furent celles de l’explosion du home-movie ; dans les années 2000, vivre une histoire d’amour ou une catastrophe provoque, indifféremment, une folle envie de les filmer. Le lieu de l’intimité s’est dilué et déplacé. De manière assez fine, et dans la grande tradition de la conceptualisation par Hollywood des mouvements esthétiques et techniques qui traversent la société, Cloverfield met en situation ce glissement du home-movie vers un ailleurs universel qui, à la fois, le dépasse et le magnifie. Les quinze minutes d’ouverture, captivantes, mêlent l’imaginaire banal de la vidéo amateur, celle qui n’intéresse que ses participants – ici, la captation un peu cheap d’une fête pour le départ à l’étranger d’un jeune cadre new-yorkais par son meilleur pote –, avec la construction d’un récit amoureux. Vient ensuite l’heure des premiers hurlements du monstre, des premières tours décapitées. Sans transition, les souvenirs télévisuels et documentaires du 11 Septembre (des images de CNN au film des frères Naudet) sont convoqués : une rue envahie de cendres, des hommes et femmes errant, hagards.
Cette perméabilité des régimes d’images et des conventions dramatiques a effrayé les patrons du studio Paramount lorsque le producteur .J.J. Abrams et le réalisateur Matt Reeves ont présenté leur projet. Elle est pourtant au cœur de la réussite de Cloverfield, véritable film-monstre ne cessant jamais d’avancer, dans une entropie qui lui donne ce goût inédit, cette tension particulière, née aussi bien du réalisme des situations que des fantasmes et des souvenirs qu’elles convoquent. “Ce qui m’intéressait était de faire exister sur le même plan une esthétique outrageuse venue de l’histoire du film de monstre, avec une forme de naturalisme”, dit Matt Reeves. »
Olivier Joyard, Les Inrockuptibles

Séances

mercredi 15 juin à 19h
vendredi 17 juin à 19h
samedi 18 juin à 22h