Le Cinematographe
Le Cinématographe
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CONTRECHAMP

CONTRECHAMP 7/7 : L'HOMME QUI MARCHE


PROGRAMMATION JUIN-JUILLET 2005



MANMUSWAK

CONTRECHAMP 7/7 : L'HOMME QUI MARCHE
de Patrick Bernier et Olive Martin
France, 2005, 16 min
avec Koulin Mah

Une journée ordinaire de K., homme d’origine africaine vivant en France, effectuant des remplacements de vigile, à travers ses métamorphoses de surveillé en surveillant.

EX

CONTRECHAMP 7/7 : L'HOMME QUI MARCHE
de Jacques Monory
France, 1968, 5 min

Dans Ex se côtoient des bribes d’évènements privés, difficilement décodables, et des films commerciaux américains. Le montage très vif juxtapose des fragments chargés de sens. L’atmosphère qui en résulte s’apparente à une course vers la mort.

L'AFFAIRE LIBINSKI

CONTRECHAMP 7/7 : L'HOMME QUI MARCHE
de Delphine Jaquet et Philippe Lacôte
France, 2001, 35 min
avec Denis Lavant
Comté de Ratapoilopolis,une fillette est assassinée.La population en émoi manifeste pour que justice soit faite et réclame le rétablissement de la peine de mort. Après des semaines d'enquête infructueuse, la tension monte, des groupes d’auto-défense se forment.Immigré chômeur,Libinski, a tout du bouc émissaire idéal.

UNSERE AFRIKAREISE (NOTRE VOYAGE EN AFRIQUE)

de Peter Kubelka
Allemagne, 1961-66, 12 min 30

CONTRECHAMP 7/7 : L'HOMME QUI MARCHE
A partir de plusieurs heures d’images et de sons prélevés lors d’un voyage en Afrique, Kubelka a monté ce film en suivant plusieurs lignes métaphoriques, rythmiques et chromatiques. Par le truchement du montage audio-visuel, il articule, en autant de confrontations, les relations entre le colonisateur et le colonisé, le chasseur et le chassé, le sujet percevant et l’objet regardé.

"Peter Kubelka, est né en 1934 à Vienne. Il étudie au Centro Sperimentale di Cinematographia à Rome. Co-directeur de l¹Österreichisches Filmmuseum, il enseigne actuellement le Cinéma et la Cuisine à l¹Académie des Beaux-Arts de Francfort ainsi qu¹à la N.Y. University et à Chicago. Il a conçu en 1976, pour le Centre National d¹Art et de Culture Georges-Pompidou une exposition ³Une histoire du cinéma² qui comprenait environ 300 films d¹une centaine d¹auteurs, des origines du ³cinéma comme art² à aujourd¹hui. Peter Kubelka a toujours eu le souci de maintenir le cinéma à un niveau d¹exigeance égal à celui des autres arts, rejetant toute notion de marginalité, il considère le cinéma commercial comme un genre mineur du cinéma normal qu¹il pratique, ³on ne dit pas de Joyce qu¹il est un écrivain expérimental². Ses méthodes de travail sont basées sur une mémorisation intégrale de tous les éléments visuels et sonores qui sont ensuite rigoureusement agencés selon des lois complexes, fondées sur sa théorie du cinéma métrique. Ses films, peu nombreux mais extrêmement condensés, poussent l¹expérience cinématographique à un haut degré de complexité et d¹intensité, s¹étayant sur certains processus fondamentaux de la projection cinématographique: le battement noir/lumière, le bruit blanc et le silence, l¹immobilité/le mouvement, la possibilité de synchronisation image/son au 24ème de seconde, l¹articulation photogrammique du film."
D.Willoughby, in programme cinéma MBXA, Paris, 17 novembre 1980.

"Peter Kubelka est le perfectionniste du support cinématographique: comme, aujourd¹hui, je prise cette qualité plus que toute autre (et que j¹estime qu¹elle brille souvent par son absence dans d¹autres domaines), je voudrais seulement dire ceci: Peter Kubelka est le plus grand réalisateur au monde, c¹est à dire en fait: Allez voir ses films!... absolument/ de toute urgence... et caetera.
Je veux dire: quel éloge puis-je faire pour présenter les cinq films qu¹il a réalisés et les différencier de tous ceux qui passent dans l¹ordinaire du septième art et se font connaître par des tactiques dignes du football ou de tout autre sport? Ses films existent en dehors de la foire de l¹art-considéré-comme-un-jeu. Chacun de ses films est ce qu¹il EST -et ce à LA perfection...et AVEC, oui, du sentiment: mais ce sentiment est d¹une telle nature qu¹il fait du mot ³sentiment² un gros mot, un mot trop gros pour être utilisé dans les relations quotidiennes. Il n¹y a PAS de sensiblerie dans ses films qui pourrait susciter des réactions sentimentales ou émotives. Ils FONCTIONNENT comme lui-même a dû fonctionner pour traduire dans chacun d¹eux l¹expression de tout son être à l¹instant de leur réalisation: c¹est pour cela qu¹il n¹y en a pas deux semblables -chaque film doit être différent de tous les autres, de même que tout instant de la vie d¹un homme doit être différent de tous les autres si celui-ci vit pleinement...
Il faut voir ces films, les voir, et les entendre attentivement pour le croire!"
Stan Brakhage, in "L¹avant-garde cinématographique autrichienne 1955-1993", manifestation conçue par Steve Anker au Centre Georges Pompidou, ed. du Centre Georges Pompidou, Paris, 1996.

"La difficulté avec Unsere Afrikareise était que d¹un côté je voulais le contrôler aussi précisément que Rainer (c¹est à dire ne pas perdre une seule possibilité d¹événement image/son) et de l¹autre je voulais qu¹il soit très ³réel², pour respecter la réalité de ce que j¹avais filmé. Le son et l¹image devaient être en relation à chaque fraction de seconde. Aussi dans ce film n¹ai-je jamais créé ou interprété dans une direction. Le film arrive, il est compact, et toutes les émotions sont possibles en même temps: pendant que la bande son fait rire, l¹image, l¹image vous fait pleurer."
Peter Kubelka, in "Peter Kubelka: Working For The Next 1000 Years²" interview avec Mike Wallington, Tony Rayns et John Du Cane, Cinema, n°9, Cinema Rising Ltd., 1971, London.
Traduit par Dominique Willoughby pour Melba n°1, nov. 76, Paris.
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"Unsere Afrikareise est presque le film le plus riche, le plus articulé et le plus compressé que j¹aie jamais vu. Je l¹ai vu quatre fois et je vais le voir de nombreuses, nombreuses fois encore, et plus que je le vois, plus j¹y vois dedans. Le film de Kubelka est un des quelques chef-d¹oeuvres du cinéma et d¹une si grande perfection qu¹il nous force à ré-évaluer tout ce que l¹on savait du cinéma. L¹incroyable art de cet homme, son incroyable patience ( il a travaillé sur Unsere Afrikareise durant 5 ans, le film dure 12 minutes et demie) ses méthodes de travail (il a appris par coeur 14 heures de bande et trois heures de film, image par image et la beauté de sa performance font que nous autres semblons des amateurs."
Jonas Mekas, Film-makers¹ Coop Catalogue n°6, 1975, traduction Paris Film Coop, 1979.

SEANCE

mercredi 1er juin à 20h30

Avant-première de Manmuswak en présence des réalisateurs