Le Cinematographe
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COLLÈGE AU CINÉMA

Le Garçon et le monde (O Menino e o Mundo)

de Alê Abreu



Brésil, 2013, 1h19 - sans paroles

Cela commence avec deux coups de crayon, et trois notes de musique. Un petit garçon : deux traits noirs (les yeux), deux pastilles roses (les pommettes) dans un visage tout blanc, tout rond. Ce petit garçon dont le père est parti travailler dans un lieu inconnu, décide de quitter son village pour le retrouver. Il découvre au fil de ses pérégrinations un monde à la fois magique et hostile, peuplé d’être insolites.

Chaque dessin est un étonnement. Un émerveillement. Le tout sans dialogues ou presque : juste quelques ­répliques, dans une langue inventée — du brésilien à l'envers ! Mais une ­musique très présente, elle, et constam­ment enthousiasmante. Depuis des années, il était de bon ton de ne plus employer le terme "dessin animé", considéré comme réducteur ou ringard, quand on parlait d'animation. Avec Le Garçon et le monde, grâce à ce réalisateur génial, l'expression reprend toutes ses lettres de noblesse. Télérama

Un personnage simple dans un monde complexe. Le Garçon et le monde épouse le regard de son jeune personnage en usant du passage du dessin naïf sur fond blanc à des décors extrêmement élaborés pour évoquer des réalités distinctes. Les favelas qui abritent les hommes qui travaillent dans les usines, où sont fabriqués les vêtements convoyés dans des multitudes de container depuis le port. Par un effet marabout/ bout d’ficelle, ce film presque sans parole (hormis quelque mots d’une langue imaginaire : un brésilien à l’envers) saute d’un monde à un autre et emmène le spectateur dans autant de styles de dessins différents en même temps que les types de musiques varient eux aussi. La beauté sidérante des dessins de champs de coton ou de nuit sur la favela se transforme tantôt en symphonie visuelle, hommage à la peinture sur pellicule de Norman McLaren, tantôt en une fable écologique profondément pessimiste. Critikat


Bande annonce