DÉBAPTISER LE CINÉMA RENÉ VAUTIER : QUELLE MÉMOIRE VEUT-ON EFFACER ?
Le 22 septembre, le conseil municipal d’Elne, dirigé par le maire d’extrême droite Steve Fortel, a décidé de retirer le nom de René Vautier du cinéma municipal. Un acte éminemment politique.
Un jeune résistant, décoré pour son engagement contre l’Occupation nazie.
En 1943, à 15 ans, il rejoint la Résistance à Quimper. À la Libération, il est décoré par le général de Gaulle de la Croix de guerre, et son groupe est cité à l’ordre de la Nation.
Cet engagement adolescent marquera toute sa vie et toute son œuvre. De la Résistance à l’anticolonialisme, des luttes sociales aux combats écologistes et antiracistes, René Vautier défendra la liberté, le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et le dialogue.
En 1950, il réalise Afrique 50, premier film anticolonialiste français, qui lui vaut la prison et la censure.
Puis, en 1954, avec Une nation, l’Algérie, construit à partir de textes des généraux de la colonisation en 1830, il dénonce le système colonial et défend la possibilité d’une indépendance négociée. Le film lui vaut des poursuites pour atteinte à la sûreté intérieure de l’État.
Il décide alors d’aller filmer dans le maquis pour comprendre les raisons de ce que l’on appelle les « événements d’Algérie » et donner la parole aux Algériens eux-mêmes. Ce sera Algérie en flammes.
Avec sa caméra, René Vautier cherche à faire dialoguer les images lorsque les sociétés sont en conflit.
De retour en France, il donne aussi la parole aux appelés français de la guerre d’Algérie et réalise Avoir vingt ans dans les Aurès, primé à Cannes en 1972.
Puis viendront Quand les femmes ont pris la colère, Marée noire, colère rouge et d’autres films consacrés aux luttes sociales, paysannes, écologistes et antiracistes, ainsi que son combat contre la censure.
Toute sa vie, il fera du cinéma un outil de liberté, de témoignage, de mémoire et de dialogue.
Alors, pourquoi effacer son nom du cinéma d’Elne ?
Changer une plaque peut sembler anecdotique. Mais le nom d’un lieu culturel participe aussi aux choix de mémoire d’une ville. Et à travers René Vautier, ce n’est pas seulement un nom que l’on retire. C’est aussi tout ce qu’il représente que l’on choisit de mettre à distance : la liberté de création, le dialogue entre les peuples et les cultures, l’ouverture d’esprit, la compréhension du monde, l’engagement politique et poétique, et la quête de justice.
Lors de l'inauguration de la salle en 2005, René Vautier appelait sa conception du cinéma comme un espace de liberté, de confrontation des regards et de dialogue, y compris lorsque les sociétés sont traversées par les conflits.
C’est cette mémoire-là que nous devons continuer à transmettre.
Soutenez la pétition contre le changement de nom du cinéma René Vautier.
Faites circuler autour de vous.
Moïra Chappedelaine-Vautier
POUR SIGNER LA PÉTITION >>>>
Le 22 septembre, le conseil municipal d’Elne, dirigé par le maire d’extrême droite Steve Fortel, a décidé de retirer le nom de René Vautier du cinéma municipal. Un acte éminemment politique.
Un jeune résistant, décoré pour son engagement contre l’Occupation nazie.
En 1943, à 15 ans, il rejoint la Résistance à Quimper. À la Libération, il est décoré par le général de Gaulle de la Croix de guerre, et son groupe est cité à l’ordre de la Nation.
Cet engagement adolescent marquera toute sa vie et toute son œuvre. De la Résistance à l’anticolonialisme, des luttes sociales aux combats écologistes et antiracistes, René Vautier défendra la liberté, le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et le dialogue.
En 1950, il réalise Afrique 50, premier film anticolonialiste français, qui lui vaut la prison et la censure.
Puis, en 1954, avec Une nation, l’Algérie, construit à partir de textes des généraux de la colonisation en 1830, il dénonce le système colonial et défend la possibilité d’une indépendance négociée. Le film lui vaut des poursuites pour atteinte à la sûreté intérieure de l’État.
Il décide alors d’aller filmer dans le maquis pour comprendre les raisons de ce que l’on appelle les « événements d’Algérie » et donner la parole aux Algériens eux-mêmes. Ce sera Algérie en flammes.
Avec sa caméra, René Vautier cherche à faire dialoguer les images lorsque les sociétés sont en conflit.
De retour en France, il donne aussi la parole aux appelés français de la guerre d’Algérie et réalise Avoir vingt ans dans les Aurès, primé à Cannes en 1972.
Puis viendront Quand les femmes ont pris la colère, Marée noire, colère rouge et d’autres films consacrés aux luttes sociales, paysannes, écologistes et antiracistes, ainsi que son combat contre la censure.
Toute sa vie, il fera du cinéma un outil de liberté, de témoignage, de mémoire et de dialogue.
Alors, pourquoi effacer son nom du cinéma d’Elne ?
Changer une plaque peut sembler anecdotique. Mais le nom d’un lieu culturel participe aussi aux choix de mémoire d’une ville. Et à travers René Vautier, ce n’est pas seulement un nom que l’on retire. C’est aussi tout ce qu’il représente que l’on choisit de mettre à distance : la liberté de création, le dialogue entre les peuples et les cultures, l’ouverture d’esprit, la compréhension du monde, l’engagement politique et poétique, et la quête de justice.
Lors de l'inauguration de la salle en 2005, René Vautier appelait sa conception du cinéma comme un espace de liberté, de confrontation des regards et de dialogue, y compris lorsque les sociétés sont traversées par les conflits.
C’est cette mémoire-là que nous devons continuer à transmettre.
Soutenez la pétition contre le changement de nom du cinéma René Vautier.
Faites circuler autour de vous.
Moïra Chappedelaine-Vautier
POUR SIGNER LA PÉTITION >>>>





