Le Cinematographe
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Archives 2001-2011

CHANGEMENT AU VILLAGE (GAMPERALIYA)

de Lester James Peries


PROGRAMMATION DÉCEMBRE 2009

Sri Lanka, 1963, 1h48, VOSTF
Avec Henry Jayasena, Punya Heendeniya, Wickrama Bogoda
RÉÉDITION

CHANGEMENT AU VILLAGE (GAMPERALIYA)
Une jeune femme partage sa vie entre deux amours et deux mariages, dans une petite société rurale en plein bouleversement. Une grande fresque enracinée dans le Sri Lanka d’hier qui se révèle universelle. L’un des films préférés de Satyajit Ray. Ce grand classique du cinéma découvert à Nantes au Festival des 3 Continents a été magnifiquement restauré en 2008 et sort pour la première fois en salle hors festivals.

« On ressent d’emblée devant le film cette joie commune à tous les visionnages de films de cette époque, cette émotion devant la précarité du matériel de tournage, ces rails de travellings incertains, ces pieds de caméras mal graissés. Les mouvements d’appareil aujourd’hui sont tous lisses. Peries bouge beaucoup sa caméra, qui est alerte, légère. C’est elle qui donne au film son rythme, s’approchant prestement quand une missive arrive à la maison, accompagnant d’un panoramique léger un visiteur qui atteint la terrasse, immobile pour enregistrer le profil d’une jeune mariée le long d’un fou rire lumineux, soumise au montage seulement au cours d’une scène de danse extraordinaire où des sorciers arborant des masques fantastiques se plantent devant elle furieusement, tandis qu’un contrechamp leur oppose le regard fatigué de la jeune fille éplorée. Plusieurs scènes se déroulent sur la grande terrasse de la maison, entre les colonnes et de grands fauteuils d’osier. La caméra est souvent posée au même endroit, la maison à gauche, le parc à droite. Et il arrive qu’un travelling avant, partant de cette position, finisse tout près de l’épaule d’une femme, regardant par-dessus elle. Qui vient ainsi se poser sur cette épaule, comme une main amicale et compréhensive ? Un point de vue extra-lucide assurément, en avance sur les personnages, qui semblent vivre au présent et déjà regretter le futur. Lester James Peries filme le « malgré soi » de l’histoire et du temps social qui défile : mariages, morts, changements au village, terminus de l’ascenseur social, etc. L’échéance est au bout des travellings. »
Jean-Philippe Tessé, Les Cahiers du Cinéma

SEANCES

Samedi 5 décembre à 16h30
Dimanche 6 décembre à 20h30
Mardi 8 décembre à 18h30

DIMANCHE 6 DÉCEMBRE 2009 • 20:30 • SÉANCE SUIVIE D’UN ENTRETIEN AVEC LAURENT ALÉONARD, DISTRIBUTEUR DU FILM, ANIMÉ PAR ALAIN JALLADEAU, ANRC (ASSOCIATION NANTAISE DES RENCONTRES CINÉMATOGRAPHIQUES) ET JÉRÔME BARON, ENSEIGNANT EN CINÉMA