Le Cinematographe
Le Cinématographe
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CONTRECHAMP

CONTRECHAMP 5/7 : FRAGMENTS D'UNE DESORIENTATION AFFECTIVE


PROGRAMMATION MARS 2005


Les séances Contrechamp proposent la rencontre sur l’écran, des champs du cinéma et des arts plastiques. Un cycle ouvert qui confronte des pratiques cinématographiques issues de l’art contemporain, et des pratiques artistiques retrouvées dans le cinéma.

S’il s’agit de convoquer la figure de Roland Barthes dans un titre aux relents énigmatiques, c’est que la désorientation affective semble être le lien entre les diverses approches visuelles (images issues d’installations plastiques, films d’artistes, fictions à la lisière du documentaire) réunies pour cette séance.

Fragmentaires, ces films privilégient l’ellipse (non sans réminiscences antonioniennes) et le discours éclaté à une narration continue. Qu’ils mettent en scène des personnages enfermés dans les affres de leur psyché ou satellisés sur une irreprésentable planète de l’affect – déséquilibre, ivresse, grâce et mensonge, la désorientation affective (tant déceptive qu’initiatique) y est traitée comme un pulseur visuel : celui de la suggestion de perceptions déformées par les sentiments humains.

UNE HISTOIRE IMMORTELLE (THE IMMORTAL STORY)

De Orson Welles
France, 1968, 58 min, VF
avec Orson Welles, Norman Ashley, Roger Coggio, Jeanne Moreau

CONTRECHAMP 5/7 : FRAGMENTS D'UNE DESORIENTATION AFFECTIVE
Macao, dans les années 1880. M. Clay, un puissant marchand, vit seul dans la demeure de Ducrot, son ancien associé dont il a provoqué la banqueroute et le suicide à cause d’une somme de trois cent guinées. Un jour, alors que son comptable Levinsky lui fait, comme d’habitude la lecture, Clay lui raconte l’histoire d’un jeune marin à qui un vieil homme riche avait offert cinq guinées pour faire un enfant à sa jeune femme.

Welles a du être passionné par cette histoire d’homme capable de faire vivre ses propres histoires et fantasmes. Réputé comme l’un des films les plus poétiques du réalisateur, le plus intimiste où il interprète lui-même Mr Clay, un riche et vieux marchand, méchant, ridé et boursouflé. Welles n’avait jamais les détours et les cavernes du visage humain aussi loin. Magnifique confession d’un artiste qui se dissimule à lui-même, effrayé par son regard trop perçant de cinéaste sur son visage d’acteur, sorte de cache-cache schizophrénique et cinématographique

LOVE IS A TREASURE

De Eija-Liisa Ahtila
Finlande, 2002, 55 min, VOSTA

CONTRECHAMP 5/7 : FRAGMENTS D'UNE DESORIENTATION AFFECTIVE
Eija-Liisa Ahtila crée des fictions évolutives dont la narration défile sur des installations multi-écrans montrant plusieurs angles de prise de vue décalés. Partant d’entretiens avec des femmes atteintes de psychose, Love is a Treasure , construit un récit irréel dans lequel le regardeur est amené à plonger dans l’irréalité des situations et les troubles perceptifs des héroïnes.

LASSO

De Salla Tykkä
Finlande, 2000, 3 min 48

CONTRECHAMP 5/7 : FRAGMENTS D'UNE DESORIENTATION AFFECTIVE
Une jeune femme arrive vers une maison après un jogging. Elle sonne à l’entrée. Personne ne vient ouvrir. Elle marche autour de la maison. Les grandes fenêtres reflètent son image comme des miroirs. Plus loin, elle regarde à l’intérieur et trouve là un jeune homme en train de jouer avec un lasso. Ces deux personnes ne s’atteindront pas. L’histoire raconte la relation entre ces personnes, leurs mondes. C’est également une tentative de décrire des différences entre la réalité et le monde imaginaire que nous
construisons pour nous protéger.

THRILLER

De Salla Tykkä
Finlande, 2001, 6 min 50

Une jeune fille qui vit dans la grisaille de la campagne d’automne examine les frontières de sa féminité et de sa masculinité. La sensualité cède à la
responsabilité et l’empathie se traduit dans un acte cru et agressif qui secoue les bords de l’enfance.

CAVE

De Salla Tykkä
Finlande, 2003, 10 min

CONTRECHAMP 5/7 : FRAGMENTS D'UNE DESORIENTATION AFFECTIVE
La femme échoue dans son travail: sa truelle ne casse pas la terre dure. La réalité, où on doit exister, est laissée pour compte lors du cheminement de la femme dans la cavité. À l’intérieur de ce souterrain dans l’obscurité, ses mains descendent jusqu’à la terre molle. Les mineurs, qui travaillent facilement la roche dure, lui paraissent effrayants. Elle recule et se cache dans l’obscurité, puis doit faire face à une abondante et aveuglante lumière avant de pouvoir accéder dans le paysage extérieur.

FALSE TEETH

De Bjargey Olafsdottir
Islande, 1998, 3 min 45

False Teeth est un conte de la parano ordinaire relatif à la vie privée d’une jeune dentiste. Proposant une rencontre incongrue entre le film d'action et la comédie sentimentale, ce film à la narration intimiste et accélérée la montre en pleine dispute avec son compagnon avant qu’elle ne le tue.

PUIS-JE CARESSER L'ESPOIR

De Michelle Naismith
France, 7 min

Le titre se réfère directement à un exemple absurde de politesse française. Tournée à Malakoff, cité en périphérie du centre ville de Nantes construite en 1968 et logeant pour la plupart des communautés immigrées, la vidéo, en partie fictive, montre, dans un montage haché, l’image, le texte et un air de clavecin époque Louis XV "La Ville de Malakoff" avant la réalité de sa démolition imminente.

« Les vidéos de Michelle Naismith sont des fictions complexes basées, d’une façon souple sur des faits réels. Délibérément théâtrales, souvent dépendantes d’accessoires et de déguisements, les vidéos créent des mondes plausibles dans lesquelles des certitudes sont minées. Elles sont souvent drôles, l’artiste en utilisant l’humour pour désarmer le public, nous invite dans la vidéo avant de nous désorienter, nous laissant rire nerveusement face à quelque chose que nous ne comprenons pas tout à fait. » Fiona Bradley (directrice – Fruitmarket galerie, Edimbourg)

SEANCES

mercredi 2 mars à 20h30 (sans Love is a treasure)
dimanche 6 mars à 20h30