Le Cinematographe
Le Cinématographe
Le Cinématographe, salle de cinéma à Nantes et Education à l'image

Archives 2001-2011

LUNDI MATIN


de Otar Iosseliani



PROGRAMMATION MAI 2009

France-Italie, 2002, 2h02
Avec Jacques Bidou, Anne Kravz-Tarnavsky, Narda Blanchet, Radslav Kinski

LUNDI MATIN
Vincent est ouvrier dans une usine chimique et tous les lundis matins, c'est la routine. En rentrant du boulot, il doit s'occuper de sa famille : sa femme, les enfants, la grand-mère, ancienne chanteuse et danseuse. Dans le petit village où il habite, il y a tout une faune dont il ne veut plus. Alors un soir, son vieux père lui donne de l'argent : "laisse tomber tout ça, va voir un peu le monde, Naples, Venise, Constantinople... Va donc chercher ailleurs le bonheur que tu imagines...".

« (…) On notera aussi que cette fable libertaire milite pour la protection de quelques détails vitaux en voie de disparition : les 4L, les vieilles dames indignes et ingénieuses, les gitans de passage, un dragon dans l’église, un crocodile dans le décor, un travelo en dame pipi, un marquis cabotin et un taux d’alcoolémie assez élevé (« Vous n’avez rien contre un coup de rouge ? »). Lundi matin est cultivé comme un de ces jardins ouvriers qui persistent et résistent malgré tout dans quelques banlieues : une rangée de dahlias, un coin potager avec son indispensable carré de patates, une banquette arrière de 2CV pour admirer le coucher du soleil, un seau pour rafraîchir le muscadet et un cabanon, des fois qu’il se mette à flotter. Et les femmes, alors ? Dans le monde homérique du film, les Pénélope tricotent des gilets de sauvetage, gentilles cellules de dégrisement qui n’en pensent pas moins des jeux d’enfants ou de couillons auxquels s’adonnent leur mari, amant, fiston.
Tout ce paradis (le plaisir que l’autre existe) est dans le film mais Ioseliani, extralucide, sait aussi qu’il est perdu. C’est la douce mélancolie de Lundi matin. Au retour de son périple méditerranéen, après avoir constaté qu’à Venise, quelle que soit la beauté sérénissime du monde, c’est aussi « vietato fumare » à l’entrée des mêmes usines, Vincent, interviewé par sa maman (« Tu t’es plu au moins ? »), ne saura que répondre : « C’était un voyage. » Et la ritournelle de s’achever sur l’horizon de quelques cheminées d’usines plus que jamais fumantes. Même vu de deltaplane, ça n’est pas très emballant. Moralité : le bonheur est dans ce film, cours-y vite, il va filer. »
Gérard Lefort, Libération

SEANCES

Samedi 2 mai à 16h30
Dimanche 3 mai à 21h
Mardi 5 mai à 18h30