Le Cinematographe
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MIRE • PRISME #2

Laboratory Aim Density (L.A.D)

Programme de courts métrages



Laboratory Aim Density (L.A.D)
Sélection de près d’une vingtaine de films contemporains faits sur support argentique suite à un appel lancé auprès d’un réseau international de laboratoires cinématographiques gérés par des cinéastes et des artistes nommé filmlabs.org.

Ce réseau international est composé d’une cinquantaine de laboratoires très disparates d’un point de vue technique: de la simple chambre noire où l’on développe à la main de manière artisanale, à des équipements complets et pointus. Ces structures se rassemblent sur une démarche et des valeurs communes : la mise en commun d’outils de production, l’intégration des manipulations techniques dans les processus de création, l’échange de savoir, l’entraide, la revendication d’une création libre, détachée des conventions et en marge d’un système économique dominant.

Inventer, inventorier. Sonder, archiver, superposer. Capturer. Détruire.
Traverser un monde en décomposition.
Ressusciter un bâtiment célèbre.
Scruter les entrailles d’une télévision. Regarder des pistes sonores.
Arrêter le temps. Construire un film-feu. Contempler.
18 films pour explorer le spectre infini des possibles du support argentique.


* la « L.A.D » ou Laboratory Aim Density est une bande de film étalon standard de Kodak– représentant des niveaux de densité noir et de blanc, des couleurs et un visage (traditionnellement celui d'une femme) - permettant de contrôler le tirage de copies.

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L.A.D #1

W O W (Kodak) de Viktoria Schmid (Filmkoop Wien)

2018 / 35mm / 3’
En lisant à l’envers différents extraits vidéos trouvés sur internet de l’implosion de l’usine Kodak, Viktoria Schmid transforme la réduction en décombres du bâtiment en une reconstruction spectaculaire accompagnée par les cris d’étonnement de la foule (« WOW » palindrome de ce moment ! ). Un hommage à la glorieuse résurrection de l’usine après une époque d’incertitude quant au devenir de Kodak.

Churubusco Inventory de Elena Pardo (LEC, Mexico)

2019 / 16mm vers vidéo/ 7’
La laboratoire historique Estudios Churubusco, où les films de l’âge d’or du cinéma mexicain ont été développés dans les années 50, est encore fonctionnel, pratiquement inchangé. Ce film est une tentative désespérée et affectueuse de préservation de la mémoire des gens, de la connaissance et des objets coexistant dans cet espace qui risque de fermer à tout instant. Les employés du laboratoire ont participé au film en tant qu’animateurs, acteurs et conseillers techniques.

Les Petits Outils de Emmanuel Piton (Labo K, Rennes)

2018 / 16mm vers vidéo / 11’
Une fonderie, un matin ou rien ne commence. Le film mêle le récit imaginaire d’une femme, noyauteuse, à la traversée d’un monde en décomposition. 

Les Chutes du Tripode de Gérémy Lelièvre (Mire, Nantes)

2018 / 16mm / 2’
Le jeu de déconstruction/construction du montage vient accompagner la destruction du bâtiment présent dans l’image. Accélérant la rythmique, inversant peu à peu l’ordre probable de succession des plans.

Capture d’écran de Loïc Verdillon (MTK, Grenoble)

2018 / 16mm / 7’
La télévision comme vous ne l’avez jamais vue !
Après une minutieuse dissection d’un tube cathodique, voilà ce qu’il nous reste, un corps à corps 16mm et luminophore pour une danse noise de pixel sans camera.

Bathers de Douglas Urbank (AGX, Boston) 

2019 / 16mm / 3’
Reflets d’un jour idyllique passé entre trois compagnons, célébrant la plage, les vagues et leur court moment passé ensemble.

The Mulch spider’s dream de Karel Doing (Film in Process, Londres)

2018 / 16mm / 14’
À quoi cela ressemble d’être une araignée ? Une créature vivant dans le même environnement que nous mais ayant une expérience très éloignée de la nôtre. Par sa forme, sa couleur et son rythme, The Mulch Spider’s Dream évoque un monde non humain.
Karel Doing a fabriqué ce film en jouant sur les interactions entre propriétés phytochimiques des plantes et émulsion photographique, une méthode expérimentale sur laquelle il travaille depuis 2014.

The Sound Drift de Stefano Canapa (L’Abominable, La Courneuve)

2019 / 35mm / 8’
Des pistes audio hypnotisantes dansent sur la bande son du précédent film de Stefano Canapa, Jérôme Notinger, pour lequel il a filmé une performance solo de l’artiste sonore français manipulant des bandes magnétiques, créant des sons envoûtants maintenant enrichis d’effets stroboscopiques. Du cinéma pour vos oreilles !

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L.A.D #2

Let’s look at Florida de Hogan Seidel, Amanda Justice, Amber Vistein (Floride)

2018 / 16mm / 6’
Let’s Look at Florida est l’histoire d’une tentative de drainage et de développement de la Floride à travers une série d’échecs datant de Andrew Hamilton. Les terres des Everglades, en particulier, ont été drainées, inondées et irriguées sans succès des dizaines de fois au cours des années. Let’s Look at Florida montre à la fois l’histoire et le présent de l’État. Les Floridiens tentent de revendiquer des terres qui ne sont pas les leurs en les drainant et en les développant, en les chassant et en les colonisant. En dépit de tous les efforts des habitants, la terre continue à engloutir sa propre histoire.

D’étranges vues et de joyeux vestiges de Guillaume Mazloum (L’Abominable, La Courneuve)

2018 / 16mm / 12’
Accumulation d’images inquiètes, minutieusement manipulées, ces étranges vues sont accompagnées de joyeux vestiges, des mots glanés chez d’illustres ou de sombres poètes, parfois même sur les murs enragés de la ville. Ces fières lueurs, ces visages amovibles, ces corps mouvants deviennent alors les éléments d’une recherche sur la vision et le regard, les protagonistes d’un dialogue naissant, les traces de lieux et de temps qu’il reste encore à observer.

Sir Bailey de Matthew Ripplinger (Niagara Custom Lab, Toronto) 

2018 / 16mm / 8’
Un portrait du vieil ami du cinéaste. Les coupes chirurgicales du film et son état de décomposition symbolisent la souffrance de Bailey liée à un cancer des os. Matthew Ripplinger utilise pour ce faire émulsion photographique faite maison, tirage contact et effet de réticulation.
Sir Bailey s’embarque dans un voyage existentiel à travers l’éclatement du plan photochimique au cours du dernier jour de sa vie.

Les Films du dés-apparaître #3 : dans sa toile est un lac de Oscar Hache (Burstscratch, Strasbourg)

2019 / 16mm / 7’
«les films du dés-apparaître» est un recueil de films proposant une descente vers les profondeurs des spécificités techniques du film (la pellicule ). Grain, négatif/positif, mouvement/fixité, continu/discontinu et autres oppositions constitutives y sont démembrées de façon tant progressive que répétitive. «#3 – …Dans sa toile est un lac» est la troisième étape du démembrement.

El Tiempo suspendido de Marta Valverde (Nigrán)

2017/ super 8 vers vidéo / 3’
Une rivière est un lieu de loisir pour les familles. Mais cela peut aussi être un endroit pour se connecter soi-même à la nature et à sa propre essence animale.
Le courant de l’eau fonctionne comme un métronome de pulsion humaine.

Rebenty, film collectif (Mire, Nantes; L’Abominable, la Courneuve)

2018/ 16mm / 5’
Construire un film-feu. Une ode en noir & blanc pour l’arrivée de l’été. Rebenty est né d’une expérience collective, au bord d’une rivière de l’Aude, en prélevant ce que le lieu peut offrir : des variations de lumière, du bois, des pierres et de l’eau, des feuilles qui laissent leur traces sur le support du film.

Grabados del Ojo Nocturno de Jean-Jacques Martinod (Niagara Custom Lab, Toronto)

2016/ 16mm / 7’
Un collage d’images collectées a transformé une vision sensorielle en un carnet de voyage rituel : Du Sahara aux océans d’Amérique du Sud, en passant par une vieille demeure d’ancêtres.

Limen de Kathryn Ramey (AGX, Boston)

2019/ 16mm / 12’
Seuil. entre deux états d’être. La limite de la perception.

Rites of Resistance de Miki Ambrózy (LABO BXL, Bruxelles; MTK, Grenoble; L’Abominable, la Courneuve)

2017/ 16mm / 20’
Le maître bouddhiste Dogen écrit: «En portant un enfant, le parent et l’enfant émanent-ils ensemble? (…) Vous devriez étudier et comprendre comment le moment où le parent devient enfant est la pratique et la réalisation de porter un enfant. «Ma transformation d’enfant en parent était comme un cycle sans fin de résistances. J’ai passé de la réalisation de films numériques au monde merveilleux du travail artisanal en laboratoire. Tous les obstacles possibles sont venus à ma rencontre et je les ai tous embrassés.
L’écriture qui m’a accompagné dans ce voyage a fini par devenir le film lui-même: écriture en tant que film / film en tant qu’écriture, image en tant que texte / texte en tant qu’image. Le flux incessant de la vie qui traverse…

Séances

- - vendredi 6/12 19:00 (L.A.D #1) - - vendredi 6/12 21:30 (L.A.D #2)

> Pour l'interlude entre les deux séances, soupe au bar Le Singe en hiver (ex-café Méliès). Prix libre.