Le Cinematographe
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ASSOCIATION MIRE • PRISME #4

Laboratory Aim Density (L.A.D)

Sélection de courts-métrages en 8 mm, 16 mm, 35 mm, Super 8 et numérique



Laboratory Aim Density (L.A.D)
L’appel à films lancé par Mire pour cette quatrième édition de Prisme a été un vrai succès. Deux fois plus de films ont été soumis à la sélection que lors des précédentes éditions. Qu’il est réconfortant de voir que la création sur support photochimique ne cède pas à la morosité environnante ! Cette production internationale s’affirme toujours autant féminine que masculine et témoigne de la vitalité du réseau des laboratoires de développement DIY. Œuvres à la lisière de l’expérimental et du documentaire, portraits hauts en couleur de personnages atypiques, symphonies urbaines, échappées bucoliques, ritournelles entêtantes, explorations de mémoires et archives familiales et/ou personnelles. Et toujours ce medium argentique que l’on scrute dans ses plus infimes détails. Trois séances de L.A.D. sont désormais nécessaires pour arpenter la richesse de la production actuelle. Certains films seront aussi projetés samedi soir lors de la soirée de déambulations performatives dans les rues de Nantes et dimanche après-midi à la Cartouche.

* la "L.A.D" ou Laboratory Aim Density est une bande de film étalon standard de Kodak - représentant des niveaux de densité noir et de blanc, des couleurs et un visage (traditionnellement celui d’une femme) - permettant de contrôler le tirage de copies.

Séances

- - jeudi 2/12 19:00 (L.A.D #1) - - jeudi 2/12 21:00 (L.A.D #2) - - vendredi 3/12 20:30 (L.A.D #3) *

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Le programme L.A.D #3 comprend une performance musicale de Marc Baron intitulée "Film sans images" (30 minutes).

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L.A.D #1

For all the audiences de Josh Weissbach
2018 / 35mm vers 16mm/ 3’
La bande-annonce d’une expérimentation en recherche de sens dans un montage sur de la bande de film en proie aux moisissures. Les détritus de l’industrie du cinéma nagent dans la matière organique. L’émulsion et ses craquelures,ses effritements et ses décolorations.

Everybody dies de Anderson Matthew
2020 / S8 vers 35mm / 8’
Le temps, l’espace et le corps se replient sur eux-mêmes dans Everybody Dies. Ce film est un voyage poétique dans le désert, c’est une réflexion sur le caractère étrange de l’existence et la nature de la mort comme quelque chose à ne pas craindre, mais à embrasser comme faisant partie d’une expérience humaine intime et universelle.

Vanités de Laurent Reyes
2020 / 16mm / 5’
“Mes vanités sont des chimères, des formes vivantes hybrides constituant notre monde abimé actuel dans lequel nous sommes tous embarqués. Les végétaux, les animaux humains et non humains, les champignons, les lichens et toutes les autres formes de vie que nous ne connaissons pas encore sont liés ensemble dans un destin commun.”

Cleaning de Milica Jovcic
2020 / S8 vers DCP / 6’
Ce travail se concentre sur l’exploration des possibilités de « l’écriture féminine » et de la spécificité des expériences féminines. L’accouchement et l’interruption de grossesse ne sont que quelques-unes des nombreuses expériences qui sont traditionnellement représentées et marginalisées dans le contexte social et politique en raison de la prédominance des récits établis.

Cactos de Leonor Guerra
2019 / 16mm /9’
L’observation des cactus était une activité récente. Sa curiosité avait été éveillée par la beauté aride de ces plantes, pleines de défenses serties dans leurs tiges. Peu après, elle avait découvert que la nuit est propice à leur floraison, aidée par des chauves-souris, papillons nocturnes et autres animaux lunaires. Filmé dans un jardin à Oaxaca, ce film-jardin traversé par les détails fugaces des formes végétales, par des jeux de caméra et des ralentis, compose par fragments une vision qui lance un regard à la fois proche et intime sur les éléments botaniques.

Ecorces de Maude Gallon
2020 / S8 / 5’
Peinture à l’encre de chine puis grattage sur pellicule. Travail sur le squelette et la cicatrice. Montage fait directement avec la pellicule. “La cicatrice représente un reste, une marque qui fait écho à la séparation… La cicatrice fait le lien entre l’extérieur et l’intérieur du corps, entre le passé et le présent, entre le moi et l’autre, mais elle n’est pas réparable. Elle reste comme un souvenir ou plutôt comme le rappel d’un souvenir douloureux.”

Re:exposure de Vicky Smith
2021 / 16mm / 7’
Le film est une réflexion sur l’exposition de la peau au soleil et du film à la lumière ainsi qu’une réflexion sur les facteurs environnementaux, écologiques, sociaux et héréditaires qui influent sur le vieillissement. Les textures de la peau filmées en très gros plan apparaissent en rafales d’images accompagnées de sons percussifs qui créent un rythme rapide..

Kitikaka de Florian Maricourt et Calypso Debrot
2021 / 16 mm / 15’
Mimmo Ippolito ne se coupe pas les ongles, il a trop à penser.Depuis son trullo, une maison ronde au toit pointu, il peint, il dessine, il chante et écrit des histoires. Son monde est fait de broussailles et de figuiers de barbaries. Le temps ne le concerne pas. Mimmo est le gardien des chevaux du Cosmos.

L.A.D #2

Época es poca cosa d’Ignacio Tamarit et Tomás Maglione
2021 / S8 vers 16 mm / 2’
Les objets urbains ont hérité d’un potentiel animé. Ces éléments, déconnectés les uns des autres sont liés par le mouvement de la caméra, qui glisse dans la ville à la recherche de sa forme définitive.

In and out a window de Richard Tuohy et Dianna Barrie
2021 / 16 mm / 3’
Notre fenêtre, depuis l’intérieur comme de l’extérieur.

Song of the shirt de Kerstin Schroedinger
2021 / 16 mm / 2’
Quatre courts métrages 16 mm : chaque morceau est accompagné d’une piste d’images constituée de film noir percé à la machine à coudre. Les chansons sont sans titres ni génériques, au mieux des interventions. L’équipe de tournage forme une chorale et chante de courtes pièces, accompagnées d’expérimentations musicales du projet ZONKEY comme un choeur et comme un film dont la surface est percée. Les chansons apparaissent comme une intervention, comme une perturbation ou une interruption.

Constant agitation, Christopher Gorski
2021 / 16 mm / 14’
Un film sans caméra, un assemblage d’images et de souvenirs.

Englouties de Simon Guiochet
2020 / 16mm / 14’
Englouties est une plongée sous la surface, une descente au fond de ce puits mystérieux, situé au cœur des bassins de Saint-Malo. Le film nous emmène dans ce monde fantasmagorique, dans les plis de la ville, au fond des marées basses. Un homme marche, traverse des paysages, et explore la surface de la pellicule. Il s’immerge dans une exploration d’images, nageant vers des profondeurs inquiétantes, pour finalement revenir à la surface. Un voyage halluciné dans des couches d’images qui deviennent des paysages mentaux.

The bearers of memories de Miglė Križinauskaitė-Bernotienė;
2020 / 16mm vers DCP /13’
Avec chaque moment – un souvenir de plus. Mais la mémoire devient parfois aveugle et ce qui reste devient flou.

A return de James Edmonds
2018 / 16mm / 6’
Une série de contrastes rapides, une synthèse d’expérience élémentaires et quotidiennes. Les structures se déplacent et s’entremêlent, deux mondes ne font qu’un.

Frankston de Patrick Tarrant

2020 /16 mm vers DCP 21’
Frankston est une étude de l’endroit où a grandi l’artiste, un satellite de Melbourne avec des logements au prix abordable, des bandes de nature et des vues sur la plage. Le caractère indéniablement banal des opportunités et festivités offertes par Frankston, et l’ambivalence que l’on peut ressentir en y retournant, font néanmoins naître une nouvelle esthétique : la symphonie suburbaine. Ici, la symphonie est rendue dans des teintes et des luminescences étranges comme si elle affirmait la représentation de Robin Boyd de « la laideur australienne » en 1960, où il affirme que « le goût est devenu si terne et insensible que tout ce qui peut surprendre des rétines blasées est considéré comme réussi. »

L.A.D #3

Tous les fleuves s’appellent le Nil de Gustavo Jahn
2021 / 16mm / 8’
En flânant au bord d’une rivière, nous sommes traversés par des images scintillantes réfléchies sur la surface verte de l’eau. Le paysage nous transforme, en même temps que nous le traversons et le transformons en retour.« Tous les fleuves s’appellent Le Nil » est un court métrage expérimental poétique. Les images du film sont le produit de rencontres, avec la nature et avec les gens aussi. Ce sont des images qui respirent, qui existent dans leur propre temps et qui nous invitent à échanger notre propre temps avec leur temps.

There is de Lena Ditte Nissen
2020 / 16 mm vers DCP / 16’
THERE IS circule autour de l’artiste et cinéaste Margaret Raspé (*1933), de sa position dans le monde et des automatismes, qui jouent un rôle important dans son travail. Margaret Raspé est une pionnière du cinéma expérimental féministe allemand et ses films et œuvres d’art ont bénéficié d’un regain d’attention ces dernières années avec une rétrospective au cinéma Arsenale à Berlin et l’inclusion de son film LET THEM SWING de 1973 à la Berlinale 2019. Son oeuvre est archivée par la Deutsche Kinemathek.

Seam de Sheri Wills
2021 / S8 vers DCP/ 3’
Court métrage expérimental tourné sur un film Super8 qui explore des périodes qui se chevauchent, attirant l’attention sur les marges de l’expérience.

Marc Baron
40’ / Film sans images joué en direct
Compositeur de musique pour haut-parleurs, Marc Baron entretient un rapport quotidien au son, dans un rapport essentiellement intime et domestique… Home-studio ! Avec le microphone et la bande magnétique, il collecte et fabrique des sons et joue de toutes les spécificités de ce support. Convoquant aussi bien le grain particulier de ce support de combat que l’imaginaire propre aux machines anciennes, il enregistre, sur-magnétise, triture, torture et transforme la matière sonore pour composer à partir des artefacts issus de ces expériences techniques.
Entre un réalisme d’apparence et le désir du plus grand flou, la musique de Marc Baron se joue en tension, en micro-détails épatants de précision, en traces fantômatiques d’événements sonores qui ont eu lieu avant le moment même de la diffusion : fragmentation espace-temps !

Sensitive Material de Nataliya Ilchuk
2021 / 8 mm vers DCP / 26’
Le point de départ de ce film est le tournage spontané de quelques instants de bonheur et une discussion enregistrée au hasard. Dans une conversation douloureuse avec ses parents, l’héroïne principale, Lilia, qui a 50 ans, parle de son traumatisme mental résultant de leurs querelles incessantes pendant son enfance, tandis que sa mère justifie le manque d’amour par des cadres stricts établis par la société totalitaire.

Berlin Feuer de Pedro Maia
2018 / 35mm vers DCP / 5’
Une ode à l’érosion et au pouvoir du feu.
Une étude sur la disparition et la désintégration.
Suivant la ligne de travail de Maia, ce nouveau film est construit à partir de film 35 mm manipulé, dans ce cas particulier avec des scans haute résolution de film nitrate d’un incendie berlinois inconnu datant des années 40. Cette oeuvre est une étude sur la disparition et la désintégration. Ces archives montrent une scène de feu filmée sur du film nitrate, support hautement inflammable. Il était courant pour ce genre de film de s’enflammer durant la projection, mais paradoxalement ces archives ont survécu au feu qu’elles ont filmé et ce ne sont pas les flammes qui ont endommagé leur matière, mais le passage du temps.

A proposal to project in Scope de Viktoria Schmid
2020 / 35mm / 8’
Filmé en 35 mm au cours d’une journée, entouré de dunes, de mer et de forêts sur la côte lituanienne, Schmid reconfigure l’écran comme une toile vierge sur laquelle la lumière du soleil, le vent et l’ombre créent une nouvelle forme séduisante d’art cinématographique. Viktoria Schmid met l’environnement hors cadre, transformant l’écran en une sculpture dans les dunes. Le vide grand écran devient une surface de projection pour un jeu d’ombre et de lumière, de soleil et d’arbres.