Le Cinematographe
Le Cinématographe
Le Cinématographe, salle de cinéma à Nantes et Education à l'image

LA SÉANCE DES CINÉ SUP'

Lettre d'une inconnue (Letter from an Unknown Woman)


de Max Ophüls



CINÉ SUP'

USA, 1948, 1h26, VOSTF
avec Joan Fontaine
NUM • VERSION RESTAURÉE

Lettre d'une inconnue (Letter from an Unknown Woman)
Parmi les quatre films réalisés par Max Ophuls durant son exil américain, Lettre d'une inconnue constitue un des accomplissements les plus remarquables de l'œuvre du cinéaste. Autant que l'entièreté d'une héroïne portée par un amour qui paradoxalement va la désintégrer, ce mélodrame ophulsien doit être regardé pour le génie du cinéaste à détourner la machine hollywoodienne au profit de retrouvailles avec une Vienne mythique, dont Ophuls dispose comme un imaginaire fondateur et cher à plusieurs de ces films. Ici, le terme "flash-back" recouvre des significations ultimes, un point d'incandescence incomparable.

"Lettre d’une inconnue est un chef-d’œuvre paradoxal sur les pièges du refoulement et de la mémoire, puisque l’exilé juif y reconstitue à Hollywood la ville que le nazisme l’a contraint à fuir. Vienne devient le territoire fantomatique de lieux et d’époques qui, sans cesse, se dérobent, telles les toiles peintes, figurant de faux voyages, qui défilent derrière les vitres du faux compartiment de train où un homme et une femme échangent des sentiments truqués, destinés à devenir des illusions de souvenirs."
Hélène Frappat, Les Inrockuptibles

"Avec sa mise en scène d'une élégance et d'une précision extrêmes, Ophuls filme alors un grand amour malade, totalement fantasmé, peut-être même rêvé par l'héroïne. De nombreuses scènes évoquent ses films ultérieurs, notamment l'orchestre, furieux de voir les héros danser sans fin. Joan Fontaine, jamais mièvre, toujours ardente, est, avec Danielle Darrieux de Madame de..., la plus belle héroïne du grand Max."
Pierre Murat, Télérama

"C’est sans doute l’un des plus beaux films jamais réalisés sur la passion amoureuse, à travers le bouleversant destin d’une femme secrètement amoureuse toute sa vie d’un homme brillant, séducteur et volage."

Olivier Père, Arte

"Dans les quelques heures qui séparent cet homme du lever du jour, la vie entière d'une femme se déploie. Tout le talent, toute la finesse de lecture de Max Ophuls tiennent à cette expansion admirablement construite, laissant deviner sans la dire l'ampleur des émotions qui viennent assaillir le cœur atrophié de Stefan. Ce n'est qu'un filet de voix d'abord, puis un flux d'images et de souvenirs qui auraient pu être ceux du pianiste, et ne sont que le trésor de l'inconnue. La parole s'estompe à mesure que le réalisateur nous ramène dans le présent du souvenir, mais l'écho de la voix, un timbre juvénile à peine voilé par l'âge ou la tristesse, demeure."

Noémie Luciani, Le Monde

Séance

mardi 29/03 20:30