Le Cinematographe
Le Cinématographe
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LA SÉANCE DES CINÉ SUP'

Vincere

de Marco Bellochio


LA SÉANCE DES CINÉ SUP' • 2012/2013

Italie, 2009, 1h58, VOSTF
avec Giovanna Mezzogiorno, Filippo Timi, Fausto Russo Alesi

Vincere
À l'origine, une histoire enfouie dans la mémoire collective d'une nation : celle d'Ida Dalser, maîtresse puis épouse d'un politicien ambitieux et arrogant, Benito Mussolini. Saisie par son appétit de vaincre, elle finance son ascension et porte son enfant. Mais au fil de sa prise de pouvoir, il finit par les abandonner, puis les cloîtrer dans un asile. À l'exaltation de la première partie succède la souffrance. Vincere est le portrait fulgurant de protagonistes en prise avec leurs passions et leurs convictions au-delà de la raison, offrant ainsi un angle cinématographique inédit et incisif pour évoquer le fascisme.


"Mais Bellocchio inscrit aussi au cœur de Vincere un doute sur le comportement de cette Ida Glaser, qui aurait sans doute fait une femme de tyran idéale. Son obstination acharnée à vouloir faire reconnaître la vérité est profondément admirable et déchirante (et l’on pleure avec elle). Mais qu’allait-elle faire dans les bras de cet homme, qui dès leur rencontre portait dans le regard les traces d’une volonté de puissance inextinguible ? Comment pouvait-elle les ignorer ? En s’acharnant ainsi, n’entraîne-t-elle pas volontairement son fils à sa perte (qui, dans une scène d’anthologie, entre farce et drame, fait rire ses amis étudiants et nous révèle sa folie en imitant son père à la perfection – les deux rôles sont interprétés par le même acteur) ? On ne peut exonérer une femme, un peuple des ignominies commises par le chef qu’ils ont élevé. En lui rendant une part de responsabilité, Marco Bellocchio, dans un beau geste artistique, redonne autre chose à Ida Glaser : sa dignité perdue."
Jean-Baptiste Morain, Les Inrockuptibles

"Vincere est avant tout affaire de visages. Il y a ces portraits de femmes aliénées, éplorées, qui surgissent étrangement au détour d'une scène - et Bellocchio qui fut, dans les années 70, partisan de l'antipsychiatrie y concentre toute la souffrance du monde. Il y a celui de Benito Mussolini : une séquence d'époque nous le montre en plein discours impérialiste et combatif, et c'est le visage d'un fou ou d'un pantin, la bouche se relève dans une moue puérile, la grimace serait risible si elle ne scellait le sort de millions d'Italiens. Il y a en contrepoint le regard clair d'Ida - et de l'actrice magnétique qui l'incarne. On y lit, au-delà de la douleur, le refus du compromis, l'obstination à faire triompher la raison. Marco Bellocchio cadre de près ces yeux simplement ouverts et en fait une allégorie de la justice bafouée, de l'individu écrasé par le totalitarisme. C'est bouleversant."
Aurélien Ferenczi, Télérama

Séance unique

Dimanche 30 septembre 2012 à 18:15

Bande-annonce