Le Cinematographe
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Winter's Bone

de Debra Granik


L'ÉCOLE DE DESIGN PRÉSENTE • JANVIER 2014

USA, 2010, 1h40, VOSTF
avec Jennifer Lawrence, John Hawkes, Kevin Breznahan


Winter's Bone
Ree Dolly a 17 ans. Elle habite au coeur du Missouri, dans la forêt des Ozarks et assure seule la subsistance de sa famille : son frère et sa soeur, plus jeunes, sa mère malade. Ses efforts assurent à ce foyer un équilibre précaire. Celui-ci se trouve menacé quand son père, pour sortir de prison, hypothèque leur maison et prend la fuite. Ree n'a alors d'autre choix que de se lancer à sa recherche avec une seule idée en tête : sauver sa famille. À tout prix.

"Le décor des Ozarks, terra incognita (ou presque) pour Hollywood, constitue la première originalité de ce thriller. Sous la lumière sans soleil de l'hiver, la jeune ­réalisatrice chronique le quotidien précaire et violent des hillbillies (les " ploucs"), entre le néoréalisme des frères Dardenne et la brutalité de Boorman dans Délivrance. Peu à peu, le récit initiatique se transforme en conte de fées d'une rare noirceur, à l'atmosphère fantastique. Pleine de tendresse avec ses frère et soeur - beaux moments dont la douceur permet de mieux supporter les scènes éprouvantes qui vont suivre -, Ree reste intraitable dans sa quête."
Samuel Douhaire, Télérama

"Debra Granik nous fait ainsi découvrir une des dernières frontières américaines, une zone comme perdue dans l’espace-temps : la forêt des Ozarks, dans le Missouri. Sur ce territoire inhospitalier, à côté duquel les villages des westerns d’Anthony Mann ressemblent à d’accueillantes bourgades hobbites, Ree trace son chemin, de cabane en cabane, de marais en abattoir, pour retrouver un père fugitif ayant hypothéqué sa maison pour payer sa caution.
Si elle ne le retrouve pas avant la fin du compte à rebours, mort ou vif, la jeune fille et sa famille seront expulsées, sans états d’âme – dura lex sed lex (preuve qu’on est bien dans un western). A l’instar de Kelly Reichardt (Old Joy, Wendy et Lucy), Debra Granik utilise la crise (morale, économique) comme pur moteur fictionnel, davantage soucieuse d’en montrer les effets concrets que d’en dénoncer les causes. C’est dans cette patience opiniâtre et cette croyance dans les forces souterraines de la fiction que se dessinent, soyons-en sûrs, les premiers pas d’une cinéaste à suivre."

Jacky Goldberg, Les Inrockuptibles

Séance

Jeudi 16 janvier 20h45