Le Cinematographe
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L'ÂGE D'OR DU FILM NOIR AMÉRICAIN

Le Faucon maltais (The Maltese Falcon)

de John Huston



USA, 1946, 1h40, VOSTF
avec Humphrey Bogart, Mary Astor, Gladys George
NUM, version restaurée

Le Faucon maltais (The Maltese Falcon)
Le détective privé Sam Spade reçoit une mystérieuse et séduisante jeune femme qui le supplie de rechercher sa sœur disparue, peut être victime de son compagnon... Adaptant un roman de Dashiell Hammett qui a déjà fait l’objet de deux films, John Huston, scénariste, passe à la réalisation avec ce film. Cela fait peur à George Raft, vedette consacrée, et le rôle du "privé" échoie à Humphrey Bogart qui va contribuer à en imposer le personnage. Cynique ricanant et séducteur, navigant à vue dans le no man’s land entre la loi et le crime, il est en bonne compagnie dans ce film où l’atmosphère et les personnages comptent plus que l’intrigue, à tel point qu'il peut conclure en citant Shakespeare : "C’est l’étoffe dont sont tissés nos rêves".

"Le coup de génie de Huston fut d’ailleurs d’avoir su donner un visage et une silhouette idéale à la galerie de personnages monstrueux ou pittoresques sans lesquels un film noir ne serait pas vraiment réussi : Mary Astor en menteuse pathologique, Peter Lorre en Levantin aux gestes efféminées, Elisha Cook Jr en tueur inquiet et inefficaces, et surtout l’ « hénaurme » Sydney Greenstreet (acteur shakespearien que Huston découvrit sur une scène de théâtre ou il jouait There Shall Be No Light) en poussah perfide et rusé.Ce génial débutant de plus de soixante ans pesait deux cent quatre vint cinq livres, dont pas un gramme n’était exempt de talent. Reste Bogart. « Le détective privé ne veut pas être un savant découvreur d’intrigues à la Sherlock Holmes. Il veut être un type dur et rusé, capable de se tirer de toutes les situations, capable de l’emporter sur quiconque, criminel, témoin ou client » écrit Hammett en 1929 dans sa préface à The Maltese Falcon. Plus de trente ans après la réalisation du film, cette définition colle encore parfaitement à Humphrey Bogart, tant l’acteur a su donner ) cette figure tragique et solitaire un mordant, une ironie, et un fatalisme totalement modernes. Bogart reste sans rival possible dans la galerie des « private eyes » de l’écran. Le Faucon maltais l’a sorti définitivement des rôles de gangsters veules ou traitres dans lesquels il végétait, face à des durs comme James Cagney ou Edward G. Robinson. - François Guérif, "Le Film noir américain", éditions DeNoël

Séances

- - mercredi 2/09 16:15 - - samedi 5/09 18:45 - - dimanche 13/09 20:45

Bande-annonce (VO)