Le Cinematographe
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SEIJUN SUZUKI, LE REBELLE POP DU CINÉMA JAPONAIS

du 9 juin au 23 août 2026

Seijun Suzuki, le rebelle pop du cinéma japonais



Né à Tokyo en 1923, Seijun Suzuki appartient à une génération de cinéastes nippons passés par le système des studios mais décidés à en troubler les règles. Après la guerre et des débuts comme assistant, il rejoint la Nikkatsu, qui lui confie des films de commande : polars, récits de yakuzas, mélodrames criminels, films d’action tournés à toute vitesse. C’est dans ce cadre industriel que Seijun Suzuki invente, dans les années 1960, l’une des œuvres les plus libres du cinéma japonais.

Ses films partent souvent d’individualités tourmentées : un homme traqué, une fidélité impossible, une vengeance, une femme prise dans la violence sociale, un corps exposé par l’Histoire ou le désir. Mais très vite, le récit se dérobe, les couleurs deviennent des coups de théâtre, les décors des compositions surréalistes, les gestes virent à la chorégraphie, la violence au rituel, le mélodrame à l’éclat burlesque, et le film de genre se meut en une machine à dérégler le regard. Cette liberté formelle n’efface pourtant pas la brutalité du monde, et les personnages de Seijun Suzuki traversent ainsi l’après-guerre, la pauvreté, le militarisme, les hiérarchies criminelles, les rapports de domination. Mais le cinéaste refuse la pesanteur autant que le naturalisme attendu. Son art procède par excès, par vitesse, par dissonance, et révèle la violence sociale en la stylisant jusqu’au vertige.

Longtemps jugé indiscipliné, comme en atteste son célèbre renvoi de la Nikkatsu en 1967 après un film déclaré incompréhensible, Seijun Suzuki est aujourd’hui reconnu comme un maître de la modernité, savant et joueur, populaire et radical. Son influence se lit chez Jim Jarmusch, Wong Kar-waï, John Woo, Takeshi Kitano, Quentin Tarantino ou encore Nicolas Winding Refn : tous ont hérité d’un désir de remanier le polar, de transformer l’action en abstraction, la pose en émotion, la série B en poésie plastique.
- Nicolas Thévenin

La Jeunesse de la bête (Yaju no seishun) de Seijun Suzuki
- - samedi 18/07 21:00 - - vendredi 24/07 16:30 - - lundi 27/07 16:00 - - vendredi 31/07 18:00

Les Fleurs et les vagues (Hana to doto) de Seijun Suzuki
- - samedi 25/07 21:00 - - mercredi 29/07 16:30 - - dimanche 9/08 18:45

La Barrière de chair (Nikutai no mon) de Seijun Suzuki
• interdit -12 ans •
- - samedi 8/08 21:00 - - lundi 17/08 18:30 - - jeudi 20/08 20:30 - - dimanche 23/08 14:30

Histoire d'une prostituée (Shunpu deni) de Seijun Suzuki
- - mardi 11/08 20:45 - - vendredi 14/08 18:30 - - samedi 22/08 21:00

La Vie d'un tatoué (Irezumi ichidai) de Seijun Suzuki
- - mercredi 5/08 18:30 - - mardi 18/08 20:30 - - samedi 22/08 17:00

Carmen de Kawachi (Kawachi Karumen) de Seijun Suzuki
- - mercredi 17/06 14:00 - - dimanche 28/06 20:45 - - dimanche 5/07 18:45

Le Vagabond de Tokyo (Tokyo nagaremono) de Seijun Suzuki
- - vendredi 26/06 16:00 - - samedi 4/07 21:00 - - mardi 14/07 14:15

Élégie de la bagarre (Kenka erejii) de Seijun Suzuki
- - lundi 10/08 18:30 - - samedi 15/08 21:00 - - dimanche 23/08 16:30

La Marque du tueur (Koroshi no rakuin) de Seijun Suzuki
- - mardi 9/06 20:30 * - - vendredi 12/06 18:30 - - lundi 22/06 18:30
* conférence : "Seijun Suzuki dans les années 1960, ou l’outrance des formes" par Nicolas Thévenin, directeur de la publication de la revue Répliques et adhérent membre de la commission de programmation du Cinématographe
> Mardi 9 juin à 20:30 à la suite de la projection