Le Cinematographe
Le Cinématographe
Le Cinematographe

INGMAR BERGMAN

du 18 janvier au 5 mars 2023

Ingmar Bergman



INGMAR BERGMAN SUR LE TOURNAGE DU SEPTIÈME SCEAU
INGMAR BERGMAN SUR LE TOURNAGE DU SEPTIÈME SCEAU
Il est difficile, quand on aborde cette rétrospective de Bergman, de ne pas penser à la toute première, proposée par la Cinémathèque Française en mai 1958 et qui fit grand bruit dans le monde du cinéma. L’article qui la salue dans le numéro de juillet 1958 des Cahiers du Cinéma commence par : "Dans l’histoire du cinéma, il y a cinq ou six films dont on aime à ne faire la critique que par ces seuls mots : C’est le plus beau des films." Il est signé Jean-Luc Godard...

À l’époque, même si, rétrospectivement, on a pu constater que quelques courts-métrages et des longs métrages isolés annonçaient la Nouvelle Vague qui allait secouer un cinéma français qui ronronnait, on était en plein milieu de ce qui n’était pas encore officiellement la guerre d’Algérie, avec un coup d’État abattant la quatrième République... et le cinéma passait à côté de tout cela, du moins celui auquel avait accès le grand public.

On mesure ce qu’a pu apporter d’ouverture le cinéma de Bergman à la diversité des thèmes qu’il abordait, sur les institutions en particulier – la religion, la famille, l’art –, thématique qui s’enrichira dans les films qui suivront. Ce que l’on a appelé ses obsessions, autour du sexe, du couple, de la mort, étaient déjà là, apportant à ses thèmes des illustrations qui, pour le moins, surprenaient. Des figures de styles revenaient, comme les miroirs, les doubles. La grammaire cinématographique s’enrichissait car Bergman s’appuyait de façon peu classique sur des gros plans frontaux, des visages longuement scrutés ; elle ajoutait à la réflexion sur le monde.

Si cette rétrospective de 1958 envoya un signal, le film emblématique qui sortit un peu partout à ce moment-là en Europe, puis dans le monde, fut Le Septième Sceau dont le plan avec la Mort jouant aux échecs avec le chevalier sur la plage devint un symbole. Là commença ce que l’on appela la bergmania, qui perdura jusqu’à son dernier film, en 2003. Même s’il proclama en 1982 qu’il abandonnait le cinéma, il poursuivra jusqu’au bout ce que Jacques Mandelbaum appelle sa "saga de l’intime" ; qui, pour être intime, eut des échos universels.

Car nombreux furent les cinéastes qu’il inspira, cinéastes très différents. Aux deux extrêmes, Margarethe von Trotta, qui le découvrit en 1958 et lui consacra en 2018 un documentaire qui est plutôt un hommage, et Woody Allen qui, avec Intérieurs par exemple, marche sur ses traces.

Depuis cette émergence de la fin des années cinquante on peut parler d’une relecture permanente de Bergman à différents niveaux, jusqu’aux exégèses savantes, mais on peut aussi en noter un petit côté amusant, avec Monika qui quitta le rayon de la promotion des formes des jeunes filles suédoises pour entrer dans celui de l’exaltation de la nature, ou avec Sourires d’une nuit d’été pour qui le Festival de Cannes inventa un prix. Cela se traduit également par les décalages dans les sorties des films, comme l’atteste la sortie en France en 2018, pour le centenaire de sa naissance, d’un film de 1948. La politique de distribution des films fait partie de l’histoire du cinéma.

Bien sûr, cette rétrospective ne peut rendre compte de l’ensemble des activités de Bergman, du théâtre – écriture de pièces et mises en scène de nombreux auteurs – aux émissions de radio, aux téléfilms, aux livres de différentes sortes ; mais le documentaire de Jane Magnusson supplée en partie cette lacune. Son parti pris de faire de 1957 une année charnière dans l’œuvre et la vie de Bergman apporte des éléments.
Avec presque la moitié des films de Bergman, cette rétrospective, entre incontournables et films à découvrir, vise juste.
- Guy Fillion

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Conférence de Jacques Aumont
"Mes films sont l'explication de mes images",
conférence de Jacques Aumont, ancien enseignant d'esthétique et de cinéma à l'université et aux Beaux-Arts, auteur de nombreux ouvrages, notamment Montage Eisenstein, L'Œil interminable, Du visage au cinéma, Amnésies : Fictions du cinéma d'après Jean-Luc Godard, L'interprétation des films, Doublures du visible…
> Dimanche 22 janvier à 18:30 (entrée libre)

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Musique dans les ténèbres
NUM, version restaurée

- - vendredi 20/01 18:30 - - samedi 21/01 19:00 - - lundi 30/01 16:15

La Prison
NUM, version restaurée

- - mercredi 1/02 14:15 - - samedi 11/02 14:45 - - mercredi 15/02 20:30

Jeux d'été
NUM, version restaurée

- - mercredi 15/02 14:00 - - lundi 27/02 20:45 - - vendredi 3/03 16:30

Monika
NUM, version restaurée

- - lundi 6/02 20:30 - - jeudi 9/02 16:15 - - dimanche 12/02 18:15

Sourires d'une nuit d'été
NUM, version restaurée

- - mercredi 15/02 18:15 - - vendredi 24/02 16:15 - - samedi 4/03 21:00

Le Septième Sceau
NUM, version restaurée

- - lundi 6/02 17:30 - - dimanche 12/02 14:00 - - jeudi 16/02 20:30

Les Fraises sauvages
NUM, version restaurée

- - vendredi 17/02 18:45 - - samedi 25/02 15:00 - - mercredi 1/03 20:30 *
* Séance Cinéma avec Lacan

Le Visage
NUM, version restaurée

- - mercredi 18/01 16:15 - - dimanche 22/01 14:15 - - samedi 28/01 18:45

La Source
NUM, version restaurée

- - mercredi 18/01 18:30 - - samedi 21/01 15:00 - - dimanche 29/01 17:00


L'Œil du diable
NUM, version restaurée

- - dimanche 19/02 14:00 - - samedi 25/02 19:00 - - dimanche 5/03 16:30

À travers le miroir
NUM, version restaurée

- - samedi 4/02 18:30 - - mercredi 8/02 16:15 - - dimanche 19/02 20:30

Les Communiants
NUM, version restaurée

- - jeudi 19/01 18:30 - - lundi 23/01 16:30 - - vendredi 27/01 20:45

Le Silence
NUM, version restaurée

- - dimanche 26/02 18:30 - - mercredi 1/03 16:00 - - samedi 4/03 14:15

Persona
NUM, version restaurée

- - lundi 13/02 20:30 * - - dimanche 19/02 16:00 - - mardi 21/02 16:30
* Séance Vidéodrome, suivie d'une analyse filmique et d'un échange proposés par Antoine Bourg


Une passion
NUM, version restaurée

- - mercredi 18/01 14:00 - - dimanche 22/01 20:30 - - jeudi 26/01 18:15

Cris et chuchotements
NUM, version restaurée

- - lundi 27/02 16:30 - - vendredi 3/03 18:30 - - dimanche 5/03 20:45

Scènes de la vie conjugale
NUM, version restaurée

- - vendredi 20/01 20:30 - - samedi 28/01 13:45 - - vendredi 3/02 20:45

Sonate d'automne
NUM, version restaurée

- - vendredi 20/01 16:30 - - lundi 23/01 21:00 - - lundi 30/01 18:15

Mon île Farö
NUM, version restaurée

- - vendredi 17/02 16:30 - - jeudi 2/03 18:15 - - dimanche 5/03 18:30

De la vie des marionnettes
NUM, version restaurée

- - lundi 20/02 18:15 - - dimanche 26/02 14:30 - - samedi 4/03 18:45

Fanny et Alexandre
NUM, version restaurée

PARTIE 1 - - dimanche 5/02 20:30 - - jeudi 9/02 20:15 • PARTIE 2 - - mardi 7/02 20:00 - - dimanche 12/02 20:15

Après la répétition
35 mm

- - mercredi 15/02 16:30 - - mercredi 22/02 20:45 - - dimanche 26/02 16:45

// AUTOUR D'INGMAR BERGMAN

Bergman, une année dans une vie de Jane Magnusson
NUM

- - dimanche 5/02 15:30 - - mardi 14/02 18:00 - - vendredi 17/02 20:45